Redevance R4 : Une contestation qui couvait depuis l’hiver
- Le corporate
- 6 août 2026
- Dossier spécial
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Avant même l’adoption de la loi de finances rectificative, la révision de la redevance passager aérien avait déjà mis face à face l’État, les compagnies aériennes et l’organisation mondiale du transport aérien.
La querelle sur la R4 ne date pas de l’été. Dès l’entrée en vigueur de sa révision, le 26 février 2026, par l’arrêté n°00000085/MEFFDPLVC/MTMML du 13 novembre 2025, la redevance suscite une levée de boucliers. Le 28 février, la compagnie nationale FlyGabon annonce qu’elle n’appliquera pas la hausse de 25 % que la R4 entraîne sur ses billets régionaux, faisant passer un aller-retour en classe économique de 52 478 à 65 596 FCFA. Un différentiel qui correspond, presque au franc près, au doublement du tarif R4 fixé pour un vol international court-courrier en classe économique.
Le 12 mars, l’Association internationale du transport aérien (IATA) hausse le ton. Dans une lettre adressée au directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile, l’organisation conteste la méthode : absence de concertation préalable, défaut de justification économique, application rétroactive de la taxe à des billets déjà émis. Elle réclame la suspension immédiate du dispositif au nom des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale.
Début mars, FlyGabon confirme son refus de répercuter la hausse sur ses dessertes régionales, tout en maintenant le reversement des sommes perçues au Trésor public. Fin mai, la presse économique spécialisée révèle que la nouvelle redevance entraîne une hausse moyenne de 25 % du prix des billets au départ ou à destination de Libreville, et que plusieurs compagnies, dont Afrijet-FlyGabon, refusent toujours d’intégrer la R4 dans leurs systèmes de réservation, une situation rare dans un secteur où la standardisation des taxes conditionne le bon fonctionnement des plateformes internationales.
Le point de bascule survient le 1ᵉʳ août 2026. FlyGabon annonce, par communiqué, qu’elle cessera purement et simplement de collecter la R4 auprès de ses passagers, en attendant que les conditions d’applicabilité soient précisées. Cette décision prive le dispositif d’une partie du rendement annuel espéré par l’État, évalué à environ 80 milliards de FCFA. C’est dans ce climat que la loi de finances rectificative, promulguée trois semaines plus tôt, prend tout son relief.


