Gabon : la thérapie de choc d’Oligui Nguema pour rentabiliser les sociétés d’État
- Le corporate
- 5 mai 2026
- Editorial
- 0Commentaires
Le Conseil des ministres du 30 avril 2026 marque un tournant décisif dans la gestion du patrimoine productif du Gabon. Sous l’impulsion du Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, une réforme profonde de la gouvernance des entreprises publiques et parapubliques a été engagée.
Le message du Chef de l’État est sans équivoque : les sociétés d’État doivent cesser d’être des gouffres financiers pour devenir de véritables leviers de développement. Le constat dressé par le Président est lucide : malgré leur rôle stratégique, de nombreuses entités souffrent d’une gouvernance défaillante et d’une dépendance chronique aux subventions publiques. Pour y remédier, le Chef de l’État a ordonné la mise en place systématique de contrats pluriannuels de performance.
Désormais, chaque société d’État ou établissement public sera liée au gouvernement par une feuille de route stricte. Ces contrats fixeront des objectifs stratégiques clairs, des moyens d’action définis et, surtout, des indicateurs de résultats mesurables. Ce mécanisme vise à instaurer une culture de la redevabilité. Le suivi ne sera pas une simple formalité, puisque le Secrétariat général de la Présidence et le Contrôle général d’État veilleront trimestriellement au respect des engagements pris.
Au-delà de la performance économique, Oligui Nguema s’attaque à l’assainissement de la structure administrative. Le Chef de l’État a réaffirmé le principe d’incompatibilité entre les fonctions de ministre et la présidence d’un conseil d’administration (PCA). Cette mesure vise à éviter les conflits d’intérêts et à permettre aux membres du gouvernement de se concentrer exclusivement sur la conduite des politiques sectorielles.
De plus, le Président a tapé du poing sur la table concernant les tensions persistantes entre les directions générales et les conseils d’administration. En rappelant que la gestion opérationnelle relève du Directeur Général tandis que la délibération appartient au PCA, il entend mettre fin aux guerres d’ego qui paralysent souvent l’exécution des projets. Cette reprise en main énergique s’inscrit dans une volonté globale de rationaliser les dépenses publiques. En transformant les sociétés d’État en unités autonomes, efficaces et rentables, le Gabon ambitionne de réduire la pression sur le budget national tout en améliorant les services rendus aux citoyens. Pour le régime de la Transition, l’heure n’est plus aux intentions, mais à l’efficacité mesurée.



