Le Gabon va auditer sa dette publique pour soutenir son futur programme avec le FMI
- Le corporate
- 5 mai 2026
- Editorial
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Le gouvernement gabonais franchit une étape cruciale dans la restructuration de son économie.
Le ministère des Finances a annoncé ce jeudi la signature d’un nouvel accord de financement avec la Banque mondiale à hauteur de 150 millions de dollars (84 milliards de FCFA ) a rapporté Reuters. Ce montant porte l’engagement total de l’institution internationale auprès du pays à 600 millions de dollars, illustrant une confiance renouvelée envers les autorités de transition.
Parallèlement à ce financement, Libreville lance une opération « mains propres » sur ses finances publiques. Une commission spéciale, coordonnée par le ministère de l’Économie et des Finances, sera chargée de réaliser un audit complet de la dette nationale. Cette mission, qui devrait durer entre deux et trois mois, bénéficie du soutien technique du Fonds Monétaire International (FMI).
Les raisons invoquées par le ministère sont sans équivoque : l’audit vise à faire la lumière sur la période allant de 2016 à 2023. Les autorités soupçonnent de graves violations des règles budgétaires et des clauses contractuelles sous l’administration précédente. Parmi les griefs cités figurent : le non-respect de l’exécution de nombreux projets d’infrastructure, l’absence de transfert de fonds empruntés vers les comptes du Trésor public, des anomalies dans le traçage des emprunts passés.
Cet audit n’est pas seulement un exercice de transparence, c’est un prérequis stratégique. Le Gabon a officiellement sollicité un programme d’aide auprès du FMI pour stabiliser ses finances. Pour l’organisation de Washington, il est impossible d’engager des fonds sans connaître avec précision le « niveau et la composition » réelle de la dette gabonaise.
Un porte-parole du FMI a d’ailleurs confié à Reuters que cette initiative est une étape indispensable : « C’est un jalon important pour soutenir la conception d’un futur programme financé par le FMI. Nos services échangeront avec les autorités sur leurs conclusions dès qu’elles seront disponibles. »
En resserrant ainsi le contrôle de ses finances, le Gabon espère non seulement assainir son climat des affaires, mais aussi sécuriser les financements nécessaires à la construction d’infrastructures de base, essentielles pour diversifier une économie encore trop dépendante de l’or noir.



