EMPLOI

Emploi des jeunes au Cameroun : Un écart persistant entre une demande massive et une offre encore limitée

Avec plus de 1,6 million de demandeurs d’emploi enregistrés en 2025, le Fonds national de l’emploi (FNE) affirme n’avoir accompagné que près de 900 000 jeunes, soit un écart de plus de 700 000.

Le Fonds national de l’emploi (FNE), bras séculier de l’Etat en matière de promotion de l’emploi est confronté à une réalité structurelle. Selon les chiffres présentés le 27 avril 2026 lors de la 6ᵉ édition des Journées Découverte Emploi (JDE) à l’Est du Cameroun, plus de 1,6 million de chercheurs d’emploi sont aujourd’hui enregistrés auprès de l’institution à l’échelle nationale.

Dans le même temps, le FNE indique avoir accompagné environ 900 000 jeunes à travers ses différents dispositifs d’insertion, de formation et d’appui à l’auto-emploi. Un volume important, mais qui reste insuffisant au regard de la dynamique du marché du travail, marqué par l’arrivée annuelle de centaines de milliers de nouveaux actifs.

Cette pression est particulièrement visible dans les dispositifs d’insertion. Le Programme Emploi Diplômé-Citoyen (PED-CI), par exemple, a permis l’intégration d’environ 15 000 jeunes en stages pré-emploi, un chiffre limité face à l’ampleur de la demande. Le programme repose sur un partage des coûts entre le FNE et les entreprises, mais son impact demeure contraint par la capacité d’absorption du secteur privé.

En milieu rural, le Programme d’appui au développement des emplois ruraux (PADER) affiche des résultats plus larges, avec environ 84 000 porteurs de projets accompagnés et près de 195 000 emplois directs estimés. Toutefois, ces initiatives restent dispersées face à une demande nationale qui continue de croître plus vite que les opportunités formelles.

Le directeur régional du FNE pour l’Est, Emmanuel Bebo, reconnaît implicitement cette tension, tout en soulignant les efforts de l’institution pour diversifier ses interventions, notamment à travers la formation et l’appui aux micro-entreprises. Le Programme d’appui aux micro-entreprises (PAME) vise ainsi à renforcer les activités économiques locales, souvent informelles, mais essentielles à l’économie.

Dans les faits, le FNE joue un rôle d’intermédiation entre les jeunes et les employeurs, mais son action reste limitée par la structure du marché du travail camerounais, où le secteur formel ne peut absorber qu’une partie réduite des nouveaux demandeurs d’emploi.

Les Journées Découverte Emploi ont ainsi mis en lumière un paradoxe central : des dispositifs multiples, des milliers de jeunes formés et accompagnés, mais une inadéquation persistante entre l’offre d’emploi disponible et la demande croissante. Un déséquilibre qui continue de placer l’insertion des jeunes au cœur des défis économiques du pays.