CEMAC

CEMAC : les transactions d’argent augmentent de 6,38 % à 182 962 milliards FCFA en 2024

À la clôture de l’exercice 2024, le paysage financier de la CEMAC affiche une vitalité exceptionnelle, marquée par la présence de 502 prestataires de services de paiement ayant favorisé l’ouverture de plus de 56,47 millions de comptes selon le « Rapport sur les services de paiement dans la Cemac » publié par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac).

Cette dynamique, qui a vu l’éclosion de près de 9 millions de nouveaux comptes en un an, s’explique par la généralisation des applications bancaires hybrides permettant aux usagers de coupler comptes bancaires traditionnels et comptes de paiement mobile. Une innovation technologique majeure redessine d’ailleurs les usages : l’émancipation des comptes de Mobile Money vis-à-vis des opérateurs de télécommunications. Désormais, un numéro de téléphone unique suffit pour ouvrir plusieurs comptes de paiement auprès d’établissements distincts.

Toutefois, cette inflation du nombre de comptes, passant de 45 millions en 2023 à plus de 56 millions en 2024, doit être interprétée avec prudence, car elle ne traduit pas nécessairement un élargissement de la base des personnes bancarisées, mais plutôt une multi détention de comptes par un même utilisateur. Sur le plan opérationnel, l’activité a atteint des sommets records avec 3,92 milliards d’opérations pour une valeur cumulée vertigineuse de 182 962 milliards FCFA, soit des progressions respectives de 5,76 % en volume et 6,38 % en valeur.

Cette croissance robuste est portée par un faisceau de facteurs déterminants, à commencer par la digitalisation accélérée des services publics qui impose l’usage de paiements scripturaux connectés aux systèmes de la Banque Centrale et au GIMAC. Parallèlement, l’intensification des offensives commerciales des prestataires, couplée au dynamisme des Fintechs agissant comme agrégateurs, a considérablement densifié l’offre. L’éventail des services s’est également élargi, intégrant désormais le micro-crédit, la réception de fonds internationaux en direct et le règlement dématérialisé des impôts.

Cette attractivité est renforcée par une amélioration qualitative de la relation client, notamment via une gestion plus fluide des réclamations et des procédures de remboursement, ainsi qu’une baisse tendancielle des tarifs. Il convient toutefois de souligner que cette expansion, bien que solide, subit un ralentissement par rapport aux années précédentes. Ce coup de frein relatif est directement imputable à l’instauration de taxes sur les paiements en monnaie scripturale dans plusieurs États membres, une pression fiscale qui vient tempérer l’enthousiasme pour la dématérialisation totale des flux financiers dans la sous-région.