« Garde minière » en RDC : Le pari à 100 millions de dollars des USA pour sécuriser le trésor du siècle
- Le corporate
- 28 avril 2026
- Editorial
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Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé lundi la création d’une garde minière paramilitaire d’élite. Cette nouvelle unité a pour mission de sécuriser les sites d’extraction et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, alors que le pays cherche à éradiquer la contrebande et à rassurer les investisseurs internationaux.
Financé par un budget initial de 100 millions de dollars, ce programme s’inscrit dans le cadre de partenariats stratégiques conclus avec les États-Unis et les Émirats arabes unis, a précisé l’Inspection générale des mines (IGM) à Reuters. Pour Washington, cette initiative est une pierre angulaire de sa stratégie visant à réduire la domination de la Chine sur les minéraux essentiels à la transition énergétique. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième fournisseur de cuivre, possédant également d’immenses réserves de lithium, de coltan et d’or.
La nouvelle unité paramilitaire remplacera progressivement les forces de défense nationale dans les missions de sécurisation minière. Selon l’IGM, le calendrier de déploiement se décline comme suit : l’opérationnalisation d’un premier contingent de 2 500 à 3 000 personnels en décembre 2026, après une formation rigoureuse de six mois en collaboration avec l’armée. Fin 2028, l’unité devrait atteindre son effectif de croisière de 20 000 agents déployés sur l’ensemble des régions minières. « La volonté du président de la République est de nettoyer l’ensemble du secteur minier, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité », a déclaré Rafael Kabengele, inspecteur général des mines.
Ce renforcement sécuritaire intervient alors que Kinshasa lutte contre une rébellion soutenue par le Rwanda dans l’Est du pays, une zone riche en minerais où l’insécurité chronique entrave les opérations. Le mandat de cette garde inclut non seulement la protection des gisements, mais aussi l’escorte des expéditions depuis les zones d’extraction jusqu’aux installations de traitement et aux postes frontaliers. Ce nouveau climat de confiance a déjà des effets concrets : sous l’impulsion du partenariat Congo-États-Unis, la société Virtus a repris le producteur de cuivre-cobalt Chemaf, tandis que d’autres firmes occidentales manifestent un intérêt croissant pour des actifs auparavant jugés trop risqués.
En professionnalisant la surveillance, la RDC espère transformer son potentiel géologique en un levier de développement économique stable, loin des circuits informels et des conflits armés.


