Cameroun : seuls 8 % du budget du plan d’import-substitution mobilisés, à 4 mois de l’achèvement
- Le corporate
- 28 août 2026
- Editorial
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Le ministère de l’Économie, qui publie ces chiffres, envisage désormais un report du plan à 2030.
La mise en œuvre du Programme intégré d’import-substitution pour l’autosuffisance alimentaire et halieutique (PIISAH) se heurte à des défis financiers et structurels importants. Sur un coût total prévisionnel de 1 443 milliards de FCFA pour le triennat, moins de 110 milliards de FCFA ont été effectivement mobilisés à fin 2025, soit un taux de mobilisation inférieur à 8 % du coût global. Au titre du seul exercice 2025, une enveloppe de 53 milliards de FCFA avait été allouée, dont 22,3 milliards destinés à la BC-PME et 19,9 milliards à d’autres structures publiques (IRAD, UNVDA, SODEPA, SEMRY).
La situation d’exécution physico-financière à fin décembre 2025 fait ressortir un taux d’ordonnancement de 94,14 %, mais un taux d’exécution physique global de seulement 15,95 %, résultant pour l’essentiel d’engagements provisionnels dont le déploiement est encore en cours.
Cinq contraintes majeures expliquent ces résultats en deçà des attentes. D’abord, des contraintes agronomiques inhérentes aux cycles de production longs de certaines filières ciblées : le palmier à huile requiert sept ans avant sa première récolte commerciale, tandis que l’élevage bovin implique des cycles pluriannuels. S’y ajoutent des retards dans la maturation de projets structurants, à l’image du Projet Plaine Centrale, qui n’était pas encore opérationnel au lancement du plan en 2024.
Troisième facteur : les capacités opérationnelles insuffisantes de la BC-PME, qui, sur les 22 milliards de FCFA transférés en 2025, n’avait effectivement décaissé que 10 milliards de FCFA à fin mars 2026. Quatrième contrainte : une application insuffisante des mesures structurelles prévues (quotas d’importation, droits de douane différenciés, obligation d’incorporation des farines locales), ce qui a alimenté la hausse continue des importations des produits ciblés, atteignant 848,3 milliards de FCFA en 2025, en hausse de 15 % par rapport à 2024. Enfin, des contraintes de trésorerie ont ralenti les mandatements et la mise à disposition effective des ressources allouées.



