Cameroun : le ratio de créances en souffrance de la BC-PME atteint 72,9 %, largement au-dessus de la moyenne sectorielle
- Le corporate
- 28 août 2026
- Editorial
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Selon un rapport du ministère de l’Économie, l’encours des créances en souffrance du système bancaire camerounais est passé de 820,1 milliards à 869,2 milliards de FCFA entre fin décembre 2024 et fin décembre 2025, soit une hausse de 6%.
Cette progression étant demeurée inférieure à celle des crédits bruts, le ratio agrégé de dégradation du portefeuille s’est amélioré, s’établissant à 12,3 % à fin 2025, contre 13,5 % un an auparavant. Cette baisse constitue un signal globalement favorable pour le secteur bancaire, dans la mesure où elle témoigne d’une amélioration de la qualité relative des actifs de crédit, en dépit de la hausse du volume nominal des créances douteuses.
Cette embellie d’ensemble masque toutefois des disparités importantes entre établissements. C’est notamment le cas de la BC-PME, dont le ratio de créances en souffrance ressort à 72,9 %, très largement au-dessus de la moyenne sectorielle. Concrètement, cela signifie que près des trois quarts du portefeuille de crédits de cette banque sont constitués de créances douteuses ou impayées, une proportion qui interroge sur la qualité de ses actifs et sa capacité à recouvrer ses engagements.
D’autres établissements affichent également des ratios sensiblement supérieurs à la moyenne, à l’image de la BICEC (35,4 %), d’UBA Cameroun (23,5 %), de GSC Bank (16,6 %) et de SCB Cameroun (14,6 %). À l’opposé, certaines banques présentent des ratios très faibles, voire quasi nuls, à l’instar de Citibank, AGB, Bank Access, Bange Bank et CCA-Bank, illustrant une meilleure maîtrise de leur risque de crédit.
Le cas de la Banque camerounaise des PME (BC-PME), banque dédiée au financement des petites et moyennes entreprises, mérite une attention particulière : un tel niveau de créances en souffrance pourrait, à terme, limiter sa capacité à remplir pleinement sa mission de financement des PME camerounaises, si aucune mesure de redressement n’est engagée.



