Cameroun : La valeur ajoutée manufacturière accuse 6,2 points de retard sur l’objectif fixé par la SND30 en 2025
- Le corporate
- 24 août 2026
- Editorial
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La part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB est passée de 13,2 % en 2020 à seulement 13,7 % en 2025, alors que la SND30 visait 19,9 %. En cinq ans, l’écart entre la trajectoire prévue et la réalisation s’est ainsi creusé de 4,5 à 6,2 points.
L’industrialisation devait constituer l’un des principaux leviers de la transformation structurelle de l’économie camerounaise dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Cinq ans après son lancement, l’un des principaux indicateurs retenus pour mesurer cette transformation reste toutefois nettement en dessous de la trajectoire fixée.
Selon le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30, la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB réel est passée de 13,2 % en 2020 à 13,7 % en 2025. Sur la même période, la stratégie prévoyait une progression de 17,7 % à 19,9 %.
L’écart entre la réalisation et la cible s’est donc accru au fil des années. Il est passé de 4,5 points en 2020 à 6,2 points en 2025. En cinq ans, l’indicateur n’a progressé que de 0,5 point, alors que la trajectoire de la SND30 impliquait une hausse de 2,2 points.
Le rapport relève lui-même que « le gap se creuse davantage au fil des années ». Il estime que, malgré une légère progression de la valeur ajoutée manufacturière, celle-ci demeure « très éloignée » de la cible fixée pour 2025.
Cette situation contraste avec les ambitions initiales de la SND30. À l’horizon 2030, la stratégie vise notamment à porter la part du secteur secondaire dans le PIB à 36,8 %, celle de la valeur ajoutée manufacturière à 25 % et la part des produits manufacturés dans les exportations à 54,5 %. Pour 2025, l’objectif concernant les exportations manufacturières était fixé à 30 %, contre 23 % en 2020. Or, selon le rapport, l’indicateur est resté inférieur à 23,3 % sur la période évaluée.
La stratégie repose notamment sur neuf filières considérées comme prioritaires : énergie, agro-industrie, numérique, forêt-bois, textile-confection-cuir, mines-métallurgie-sidérurgie, hydrocarbures-pétrochimie-raffinage, chimie-pharmacie et construction ainsi que les services professionnels, scientifiques et techniques.
L’évolution de ces différentes branches reste cependant contrastée. Les données du rapport montrent notamment la faiblesse de la branche regroupant les activités minières, métallurgiques et sidérurgiques.
Après une croissance de 2,55 % en 2020, cette branche a enregistré une contraction de 2,99 % en 2021, puis de 1,33 % en 2022 et de 1,90 % en 2023. Le recul s’est accentué en 2024, avec une baisse de 8,48 %.
À l’inverse, l’agro-industrie a maintenu une croissance positive sur l’ensemble de la période observée. Après une progression de 9,53 % en 2021, son rythme de croissance s’est toutefois ralenti pour atteindre 2,81 % en 2024.
La construction et les BTP ont également enregistré une évolution positive, avec une croissance de 4,41 % en 2024. Les services non financiers ont, pour leur part, progressé de 5,66 % la même année.
Ces performances ne suffisent toutefois pas à modifier significativement le poids de l’industrie manufacturière dans l’économie.



