RDC : à 9,9 milliards de dollars, la dette publique baisse à 18,1 % du PIB en 2025

Selon un récent rapport de la Banque africaine de développement (BAD), le déficit budgétaire de la République démocratique du Congo s’est creusé en 2025, passant de 2,1 % à 2,6 % du PIB, sous l’effet de la hausse des dépenses sécuritaires.
Ce déficit a été financé principalement par des ressources concessionnelles externes et par l’endettement intérieur, notamment via des titres publics de courte maturité, dont le coût moyen dépasse 10 %.
L’encours de la dette publique s’établissait à 9,9 milliards de dollars en 2025, réparti entre créanciers multilatéraux (77 %), bilatéraux (11 %), commerciaux (1 %) et titres publics (11 %). Malgré la dégradation du déficit, le taux d’endettement a reculé, passant de 20,9 % du PIB en 2024 à 18,1 % en 2025, confirmant une dette jugée globalement soutenable par la BAD. Celle-ci reste toutefois exposée au risque de change et aux cycles des matières premières, tandis que l’exigibilité à court terme de la dette intérieure fait peser un risque de refinancement.

Sur longue période, la structure de la dette s’est profondément transformée. Le stock total a diminué d’environ 6 % entre 2020 et 2024, tandis que sa composition s’est rééquilibrée : la dette extérieure, qui représentait 61 % de l’encours en 2020, a cédé du terrain face à la dette intérieure, désormais proche de 50 % du portefeuille. Du côté des créanciers, les financements bilatéraux ont reculé au profit des institutions multilatérales.

Le service de la dette extérieure, qui représente plus de 70 % de la dette publique totale, s’est également allégé, passant de 7,8 % des recettes publiques en moyenne sur 2015-2019 à 4 % sur 2020-2023 – un niveau modéré par rapport à la région, mais qui souligne, selon la BAD, la nécessité pour la RDC de renforcer la mobilisation de ses ressources domestiques pour financer sa transformation économique.