Enquête chiffres – Le budget rectifié contredit discrètement le discours d’extension fiscaleEnquête chiffres –
- Le corporate
- 6 août 2026
- Dossier spécial
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Alors que la R4 est présentée comme une mesure de renforcement des recettes de l’État, les tableaux annexés à la loi de finances rectificative affichent une réalité plus nuancée, voire contraire.
Le « Tableau détaillé de l’évaluation des recettes budgétaires » annexé à la loi inscrit la ligne « Redevance passager » à 16,420 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale (LFI) 2026, ramenée à 15,491 milliards de FCFA dans la version rectifiée. L’écart est de 929,158 millions de FCFA, soit une baisse de 6 %. Autrement dit, malgré l’extension proclamée de l’assiette à l’ensemble des aéroports du pays et le relèvement des tarifs entré en vigueur dès février, le gouvernement a lui-même révisé à la baisse sa prévision de recettes R4 pour 2026, deux semaines avant l’annonce du refus de collecte de FlyGabon.
Le tableau de répartition du budget par mission fait apparaître un mouvement plus marqué encore. Le programme « Transport aérien et par voie d’eau » voit ses crédits chuter de 40,219 milliards de FCFA en LFI à 17,985 milliards de FCFA en LFR, soit une baisse de 22,233 milliards de FCFA, l’équivalent de 55 %. Le seul titre « Dépenses d’investissement » de ce programme passe de 31,450 milliards de FCFA à 9,566 milliards de FCFA, une contraction de près de 70 %. Le programme « Gestion des infrastructures aéroportuaires », rattaché au compte spécial alimenté précisément par les recettes de la R4, voit lui aussi ses crédits d’investissement reculer, de 16,420 milliards de FCFA à 14,446 milliards de FCFA, soit 12 % de moins.
Ces mouvements combinés dessinent un paradoxe budgétaire : au moment même où l’État muscle son arsenal juridique de collecte et de sécurisation de la R4, les moyens effectivement engagés dans les infrastructures aéroportuaires et le transport aérien reculent nettement dans la version rectifiée du budget. Une partie de l’explication tient sans doute au fait qu’une portion des investissements portés par le concessionnaire, financée par la perception directe de la R4, n’apparaît pas intégralement dans les crédits budgétaires classiques. Il n’en demeure pas moins que ce contraste chiffré mérite d’être suivi de près lors de l’exécution du budget 2026.



