Sécurité alimentaire : Le Gabon dissout la SAEG parie sur « Agropag
- Le corporate
- 6 mars 2026
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À peine deux ans après sa création, la Société pour l’Agriculture et l’Élevage du Gabon (SAEG) tire déjà sa révérence. Le Conseil des ministres du 26 février 2026 a acté sa dissolution au profit d’une nouvelle structure, Agropag._
Le paysage institutionnel agricole gabonais vient de subir un nouveau séisme. Selon la résolution issue du Conseil des ministres du 26 février 2026, les compétences, activités et patrimoines de la défunte SAEG sont désormais transférés de plein droit à la Société Agropastorale du Gabon (Agropag). Ce changement de dénomination intervient alors que la SAEG, née sur les cendres de la Sotrader (ex-partenariat avec Olam), n’aura pas eu le temps de marquer son territoire.
Si le gouvernement n’a pas officiellement justifié ce sabordage, les récentes déclarations de son ex-Directeur général, Aubert-Aimé Ndjila, dessinent le portrait d’une structure mort-née. Entre lenteurs administratives pour la finalisation juridique et retard critique dans le déblocage des subventions étatiques, la SAEG a passé plus de temps dans les couloirs des ministères que dans les champs. Avec un dispositif opérationnel dérisoire — une dizaine de conteneurs et seulement trois camions de transport bovin — la société était incapable de rivaliser avec les flux massifs d’importations qui inondent le marché national.
Ce changement de cap intervient dans un contexte d’urgence. Le Gabon importe toujours près de 60 % de ses besoins alimentaires, une dépendance qui pèse lourdement sur la balance commerciale et expose le pays à la volatilité des prix mondiaux.
En remplaçant la Saeg par Agropag, les autorités semblent vouloir tourner la page d’une gestion jugée inefficace pour instaurer une dynamique plus musclée. Cependant, pour les observateurs, le défi reste le même : au-delà du changement de sigle, c’est la question du financement pérenne et de la logistique de collecte qui déterminera le succès de cette nouvelle entité.
Le Gabon saura-t-il, avec Agropag, passer de la paperasse administrative à la production de masse ? Les quatre prochains mois seront décisifs pour juger si ce nouveau véhicule est le bon pour atteindre l’autosuffisance tant attendue.



