Or artisanal en RDC : Le pari du britannique PeaceGold pour transformer le secteur
- Le corporate
- 21 avril 2026
- Editorial
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Malgré l’instabilité persistante et les affrontements armés qui déchirent l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une lueur d’espoir émerge pour le secteur aurifère artisanal .
Selon desinformations rapportées par Reuters, l’entreprise sociale britannique PeaceGolds’apprête à réaliser ses premières exportations d’or d’ici septembre prochain.Un défi de taille dans une région où les combats de l’année écoulée ontlourdement perturbé l’activité minière.
Fondée en 2013 en collaboration avec le Conflict Resolution Center, une organisation locale à but non lucratif, PeaceGold poursuit une mission ambitieuse : formaliser l’exploitation minière artisanale. L’objectif est double : offrir un cadre de travail réglementé aux mineurs et réintégrer les anciens combattants dans la vie civile à travers des emplois stables. En agissant ainsi, PeaceGold espère réduire l’attrait des groupes armés et stabiliser durablement la province de l’Ituri.
Travaillantactuellement avec 11 coopératives représentant près de 25 000 travailleurs,l’entreprise se positionne comme une alternative crédible aux circuitsillicites. Selon les analyses de Reuters, plus de la moitié de laproduction d’or congolaise est introduite illégalement à l’étranger chaqueannée, privant l’État de revenus essentiels.
L’offensivemenée l’année dernière par les milices armées, notamment le M23 — que l’ONUaccuse d’être soutenu par le Rwanda —, a contraint certaines coopératives àsuspendre temporairement leurs activités. Toutefois, le fondateur de PeaceGold,Greg Valerio, a précisé à Reuters que son organisation finalisedésormais les approbations réglementaires nécessaires à son lancementcommercial. Initialement financé par des donateurs occidentaux, le projettransitionne vers un modèle économique autonome, soutenu par un partenaire financierbasé au Royaume-Uni.
Lastratégie de PeaceGold mise sur une croissance progressive : les exportationsdevraient atteindre un pic de 50 kilogrammes par mois d’ici la troisième année.Surtout, l’entreprise s’engage à conserver 80 % de la valeur de l’or àl’intérieur du Congo pour financer les coopératives, les infrastructureslocales et les mécanismes de conformité. Pour Greg Valerio, le diagnostic estclair : « Le Congo n’a pas un problème d’or, il a un problème de systèmes ». Ententant de « réparer » ces circuits de distribution, PeaceGold ne secontente pas de commercer du métal précieux ; elle tente d’instaurer uneéconomie de la paix là où le minerai a longtemps été un moteur de guerre.



