Masse monétaire : Les dépôts à terme augmentent, mais réserves de devises en baisse
- Le corporate
- 13 août 2026
- Dossier spécial
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La masse monétaire du pays a progressé de 10,4% sur un an à fin mars 2026, portée par l’appétit croissant des épargnants pour les dépôts à terme, tandis que les avoirs extérieurs nets se dégradent fortement, signe d’une pression accrue sur les réserves de devises.
À la fin du premier trimestre 2026, la masse monétaire ; c’est-à-dire la quantité totale d’argent disponible dans l’économie, entre billets, comptes courants et épargne, s’est appréciée de 1,6% sur trois mois et affiche une hausse soutenue de 10,4% sur un an.
Cette croissance est principalement tirée par les dépôts à terme, cet argent placé et bloqué en banque pour une période donnée en échange d’intérêts, qui bondissent de 13,9%. Cette forte épargne a plus que compensé le léger recul de la circulation fiduciaire ou encore l’argent liquide en circulation, billets et pièces confondus (-0,3%), ainsi que le repli des dépôts à vue, cet argent immédiatement disponible sur les comptes courants (-2,8%).
Dans le même temps, les ressources extra-monétaires définies comme ces ressources internes des banques qui ne servent pas directement de moyens de paiement, comme leurs fonds propres, se sont renforcées de 6,1%, portées par un bond de 25,4% des capitaux propres des établissements de crédit.
La photographie est en revanche beaucoup moins flatteuse côté extérieur. Les avoirs extérieurs nets (AEN), soit la réserve nette de devises étrangères détenues par le pays, ont reculé de 3,0% sur le trimestre et se sont littéralement effondrés sur un an, à -291,7%. Un plongeon qui s’explique par la dégradation de la conjoncture internationale et par une forte accélération des sorties de devises destinées à payer les importations.
Heureusement, le financement de l’économie locale, lui, est resté dynamique. Les crédits intérieurs nets (prêts accordés aux entreprises, aux ménages et à l’État) ont progressé de 2,1%. Dans le détail, les crédits octroyés au secteur privé et aux ménages augmentent de 3,5%, portés par les besoins de trésorerie de filières clés hors pétrole comme l’agroalimentaire, le BTP et les transports.
Enfin, les créances sur l’État progressent plus modérément (+0,9%). La position nette du gouvernement (PNG) qui mesure l’écart entre ce que l’État doit aux banques et ce qu’il y a déposé, n’avance que de 0,5%, tandis que les organismes publics poursuivent leur désendettement, à hauteur de 15,3%.


