Le président Brice Clotaire Oligui Nguema

Gabon : L’État annonce 55 milliards FCFA pour renforcer le financement de la santé

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé, le 30 août à Makokou, à l’occasion de la fête de la libération, une enveloppe de 55 milliards de FCFA destinée au secteur de la santé. Cette annonce intervient alors que la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale fait face à des tensions financières et à des retards de paiement envers les prestataires de soins.

Le Gabon va consacrer 55 milliards de FCFA supplémentaires au secteur de la santé. L’annonce a été faite le 30 août à Makokou par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion du troisième anniversaire de la Fête de la Libération. Sur cette enveloppe, 44 milliards de FCFA seront affectés au renforcement du plateau technique national, 6 milliards à la réouverture des restaurants dans les établissements hospitaliers et 5 milliards aux prestations de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

Cette dotation intervient alors que la CNAMGS traverse une période de fortes tensions financières. Depuis juillet, une Task Force interministérielle, placée sous la coordination du vice-président du gouvernement Hermann Immongault, travaille à la restauration de l’équilibre financier de la caisse, confrontée notamment à des retards de règlement de ses prestataires de santé.

L’intervention de l’État sur le financement de la CNAMGS n’est pas nouvelle. Un premier apport de 5 milliards de FCFA avait déjà été annoncé dans le cadre des mesures destinées à répondre aux difficultés de trésorerie de l’organisme. La nouvelle enveloppe porte ainsi à 10 milliards de FCFA les montants annoncés spécifiquement pour les prestations de la caisse, sous réserve de leur décaissement effectif.

Au-delà du financement, le chef de l’État a conditionné cet effort à une amélioration du fonctionnement des établissements de santé. Après avoir rendu hommage aux personnels soignants, il a déclaré attendre d’eux « une meilleure qualité de service ». Il a également demandé que chaque franc généré par un établissement de santé soit « retracé et employé avec rigueur ».

Le président a, dans le même temps, annoncé une réflexion du gouvernement sur l’harmonisation des recettes propres des établissements hospitaliers civils et militaires. Cette question renvoie directement à la gestion et à la traçabilité des ressources générées par les structures de santé.

L’effort annoncé intervient dans un contexte budgétaire contraint. En 2026, le Gabon doit composer avec des besoins de financement importants, alors que l’exécution des dépenses d’investissement demeurait limitée à 23 % de l’objectif révisé au premier semestre. Le recours accru aux financements extérieurs contribue également à cette pression, avec notamment un placement privé de 920 millions de dollars conclu en juillet à un rendement de 12,6 %.

Pour la CNAMGS, l’enjeu dépasse toutefois la seule question des apports ponctuels de trésorerie. Le déséquilibre entre les cotisants et les bénéficiaires demeure important, avec environ 660 000 cotisants pour près de 1,3 million de bénéficiaires. L’enveloppe annoncée par le chef de l’État apporte donc une réponse financière immédiate, mais ne règle pas, à elle seule, les déséquilibres qui affectent durablement le financement de l’assurance maladie publique.