GUNVOR

Gabon : le suisse Gunvor rejette les soupçons de corruption et dénonce une fraude une 2 millions de dollars

Le géant du négoce de matières premières Gunvor a confirmé la perquisition de ses bureaux à Genève par le Ministère public de la Confédération suisse, tout en affirmant qu’il n’est pas la cible de cette procédure.

Selon des informations rapportées par l’agence Reuters, cette opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête pénale pour corruption d’agents publics étrangers au Gabon, menée contre X (« des personnes inconnues »).

Pour sa défense, la multinationale rejette les soupçons de corruption systémique et privilégie la thèse d’une fraude interne dont elle s’estime victime. Gunvor a révélé avoir mené ses propres investigations sur ses activités gabonaises. L’entreprise affirme y avoir identifié des activités frauduleuses d’un montant global de 2 millions de dollars étalées sur cinq ans. Selon le négociant, ces malversations auraient été orchestrées en secret par un ancien employé, un prestataire de services maritimes et une contrepartie commerciale, dont les identités n’ont pas été divulguées.

Soucieuse de devancer le scandale, la société affirme avoir elle-même signalé ces irrégularités aux autorités suisses un an avant la perquisition. Elle assure coopérer pleinement avec la justice, tout en maintenant qu’elle ignore les détails de l’instruction en cours. De son côté, le Bureau du Procureur Général de la Suisse s’est refusé à tout commentaire supplémentaire, invoquant le secret de l’instruction.

L’affaire avait initialement été révélée par l’ONG et média d’investigation helvétique Public Eye, qui pointait du doigt les opérations de Gunvor au Gabon. Ce dossier remet en lumière les risques de gouvernance et l’opacité qui entourent régulièrement le secteur du négoce pétrolier en Afrique subsaharienne.

Les investigations ciblent un contrat pétrolier conclu en 2024. Ce contrat est lié à une transaction financière stratégique qui a permis à l’État gabonais de racheter les actifs pétroliers d’Assala Energy. Pour financer cette acquisition d’envergure, le négociant suisse Gunvor avait octroyé un prêt d’environ un milliard de dollars à la Gabon Oil Company (GOC).