Gabon : La Fonction publique met fin à l’avancement automatique et bascule vers une culture de la performance
- Le corporate
- 4 août 2026
- Editorial
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Le gouvernement gabonais engage une réforme de fond de sa fonction publique. Réuni le 31 juillet 2026 avec la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a validé les principales orientations d’un nouveau statut général des agents de l’État, destiné à remplacer un système jugé inadapté aux exigences de performance de l’administration.
La rupture la plus significative concerne la gestion des carrières. Jusqu’à présent accordé automatiquement avec l’ancienneté, l’avancement sera désormais conditionné aux performances de chaque agent. Les promotions dépendront de l’engagement professionnel, des résultats obtenus et d’évaluations régulières, marquant l’abandon d’un mécanisme considéré comme peu incitatif.
Pour élaborer cette réforme, les autorités se sont appuyées sur les travaux de 110 experts issus de 29 administrations, enrichis par une analyse comparative des pratiques en vigueur dans une vingtaine de pays. Selon la ministre Laurence Ndong, le principe de l’avancement automatique constituait une singularité gabonaise difficilement conciliable avec une gestion fondée sur le mérite et l’équité.
La réforme revoit également les modalités de recrutement. L’âge limite d’accès à la fonction publique est relevé de 35 à 40 ans, tandis que les concours nationaux deviennent la principale voie de recrutement, avec l’objectif d’améliorer l’adéquation entre les profils recrutés et les besoins des administrations.
L’autre innovation majeure réside dans le nouveau système d’évaluation des agents. Au-delà des critères traditionnels tels que l’assiduité, la ponctualité ou le respect de la déontologie, l’administration mettra en place une évaluation à 360 degrés. Chaque agent procédera à une autoévaluation, sera noté par sa hiérarchie et fera également l’objet d’une appréciation des usagers des services publics. Les responsables administratifs seront, de leur côté, évalués par leurs collaborateurs.
Les données issues de ces différentes évaluations seront consolidées par deux commissions ministérielles chargées d’en assurer l’analyse et le suivi, ouvrant la voie à une gestion des ressources humaines davantage pilotée par les indicateurs de performance.
Pour Hermann Immongault, cette refonte est indispensable afin d’adapter l’appareil administratif aux ambitions de la Cinquième République. Il a demandé à la ministre de poursuivre les actions de sensibilisation auprès des agents publics et des citoyens afin de faciliter l’appropriation des nouvelles règles.
Présentée comme l’un des chantiers structurants du programme du président Brice Clotaire Oligui Nguema, cette réforme vise à installer durablement une administration davantage orientée vers les résultats, la qualité du service public et la responsabilisation des agents.



