Gabon : BGFIBank a versé 27,5 milliards de FCFA d’impôts en 2025, soit 58,3 % du total du secteur bancaire gabonais
- Le corporate
- 31 juillet 2026
- Editorial
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Leader du marché du crédit, BGFIBank est également la première contributrice fiscale du secteur bancaire gabonais. À elle seule, elle représente 58,3 % des impôts et taxes acquittés par les banques en 2025, devant Ecobank et UBA Gabon.
Derrière les indicateurs traditionnels de parts de marché, de rentabilité ou de solidité prudentielle, un autre chiffre mérite l’attention des observateurs de l’économie gabonaise, celui de la contribution fiscale directe des banques. Les données publiées par l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit du Gabon pour l’exercice 2025, révèlent un total sectoriel de 47,139 milliards de FCFA d’impôts et taxes payés, un montant qui, une fois ventilé établissement par établissement, dessine une réalité aussi contrastée que celle observée sur le terrain des crédits ou des dépôts.
BGFIBank domine très largement ce classement, avec 27,483 milliards de FCFA d’impôts et taxes acquittés, soit 58,31 % de la contribution fiscale totale du secteur bancaire national. Cette proportion dépasse même sa part de marché sur les crédits, pourtant déjà dominante à 40,65 %, ce qui suggère une banque particulièrement rentable au regard de ses obligations fiscales, ou soumise à une assiette imposable plus large que ses concurrentes.
Ecobank occupe la deuxième position avec 8,564 milliards de FCFA versés au fisc, un montant qui contraste fortement avec sa part de marché crédits, limitée à seulement 4,75 %. UBA Gabon suit avec 7,162 milliards de FCFA d’impôts payés, un niveau également disproportionné par rapport à sa part de marché de 4,55 %. Ces deux établissements semblent donc contribuer fiscalement bien au-delà de leur poids apparent dans l’activité de crédit du pays.
À l’inverse, plusieurs banques affichent une contribution fiscale nettement plus modeste. AFG Bank, pourtant deuxième acteur du marché avec 28,10 % des parts de crédit, ne déclare que 0,916 milliard de francs CFA d’impôts et taxes payés, soit à peine 1,94 % du total sectoriel. Cet écart considérable entre le poids commercial de la banque et sa contribution fiscale directe soulève une question légitime sur la nature de cette différence, qu’elle s’explique par des mécanismes de déductions fiscales, par des reports de charges, ou par une rentabilité nette plus faible que celle suggérée par son volume d’activité.
Le cas de UGB et d’Orabank interpelle davantage encore. Ces deux établissements affichent un montant d’impôts et taxes payés de zéro dans les données disponibles, alors qu’UGB détient 9,66 % des parts de marché crédits et qu’Orabank en détient 8,10 %. Cette absence de contribution fiscale déclarée pourrait s’expliquer par des exercices déficitaires antérieurs, par des reports de déficits fiscaux encore en vigueur, ou par des régimes d’exonération spécifiques. Le résultat net de l’exercice précédent d’Orabank, négatif à hauteur de 5,297 milliards de francs CFA, apporte un début d’explication cohérent avec cette absence de contribution fiscale sur la période considérée.
Citibank, pour sa part, déclare une contribution modérée de 2,256 milliards de francs CFA, tandis que BCEG, plus petit établissement du secteur, affiche 0,758 milliard de francs CFA d’impôts payés, en cohérence relative avec sa part de marché marginale de 0,23 %.
Cette photographie fiscale du secteur bancaire gabonais invite à dépasser la seule lecture des parts de marché pour interroger la contribution réelle de chaque établissement aux finances publiques du pays. Elle rappelle également combien la rentabilité affichée, les mécanismes de déductions fiscales et les résultats nets antérieurs pèsent directement sur cette contribution, indépendamment du poids commercial de chaque banque dans le paysage national.
Alors que l’État gabonais reste, le premier débiteur du système bancaire national avec près de 2 767,868 milliards de FCFA de créances à son passif, la question de la contribution fiscale directe des banques elles-mêmes prend une dimension particulière. Elle interroge sur l’équilibre global entre le soutien financier apporté par les banques à l’État sous forme de crédit, et leur participation directe aux recettes fiscales qui permettent à ce même État de fonctionner et d’honorer, à terme, ses engagements envers le secteur bancaire.



