Gabon : 10 % de croissance ou le pari « vital » pour la relance économique

Pour transformer durablement son modèle économique et éviter un enlisement , le Gabon s’est fixé l’objectif de porter sa croissance annuelle à 10 %, contre environ 2,5 % aujourd’hui. C’est le cap stratégique défendu lors de la première édition du Gabon Economic Forum qui s’est tenu à Libreville les 7 et 8 juillet 2025.

Organisé par le Ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des en collaboration avec la Fédération des Entreprises du Gabon, ce forum de haut niveau a réuni pendant deux jours un large éventail d’acteurs – experts, universitaires, entreprises, décideurs publics et partenaires techniques et financiers – autour du thème : « Transformer l’économie gabonaise pour assurer une croissance durable et partagée ».

Du constat à l’action collective

À l’issue des travaux, le ministre d’État à l’Économie et aux Finances, Henri-Claude Oyima, a été catégorique : « Le temps des constats est révolu. Place désormais à l’action, méthodique, structurée et surtout collective. » Ce changement de paradigme, a-t-il précisé, se traduira dans les prochaines semaines par la publication d’un plan d’action prioritaire, la création d’un mécanisme permanent de suivi-évaluation et l’instauration d’un forum économique annuel qui servira de cadre préparatoire à la loi de finances.

Au cœur de cette vision : un seuil de croissance à deux chiffres, considéré comme « vital » pour répondre à la dynamique démographique, maintenir l’équilibre macroéconomique et financer les priorités nationales. « Si le taux est inférieur à 9 %, nous ne créons pas de richesse », a prévenu l’expérimenté banquier. Pour y parvenir, le gouvernement d’Oligui Nguéma entend mobiliser près de 10 000 milliards de FCFA sur l’ensemble du mandat présidentiel.

Selon les conclusions du Forum, l’atteinte de cet objectif passe par une refonte profonde du cadre budgétaire, orientée vers la performance, la transparence et la soutenabilité, ainsi que par une diversification autour de secteurs porteurs que sont l’agriculture, les mines, la forêt, le numérique et le tourisme. Les autres réformes à venir porteront sur la gouvernance des entreprises publiques, la transformation locale des ressources, l’’élargissement équitable de l’assiette fiscale, et l’amélioration du pouvoir d’achat, avec des dispositifs concrets.