Finances publiques : le Gabon suspend les exonérations fiscales et lance un audit
- Le corporate
- 14 septembre 2026
- Editorial
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En réaction à un manque à gagner estimé à plus de 283 milliards de FCFA sur les sept premiers mois de l’année 2026, le gouvernement gabonais vient de porter un coup d’arrêt brutal aux privilèges fiscaux et douaniers. Une mesure d’urgence ordonnée au sommet de l’État pour colmater les brèches du budget national.
L’heure est à la rigueur budgétaire au Gabon. À travers un communiqué officiel rendu public ce mardi 8 septembre, le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations a annoncé la suspension immédiate de toutes les conventions et décisions accordant des exonérations fiscales et douanières dans le pays.
Cette décision drastique fait suite à un bilan financier alarmant dressé à l’issue du premier semestre 2026. À la fin du mois de juillet, le manque à gagner pour les caisses de l’État atteignait un niveau critique : 209,239 milliards de FCFA pour les services des douanes et 74,038 milliards de FCFA pour la Direction générale des impôts. Au total, ce sont plus de 283 milliards de ressources publiques qui ont échappé au Trésor national sous le couvert de régimes de faveur.
Prise sous l’impulsion directe du Président de la République, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, cette offensive vise avant tout à rétablir les équilibres budgétaires et à assainir la gestion des deniers publics. Le mot d’ordre est désormais catégorique : il est formellement interdit d’accorder la moindre nouvelle exonération, sous quelque forme que ce soit.
Parallèlement au gel des avantages antérieurement accordés par voie administrative, l’État engage un vaste audit d’évaluation couvrant la période 2023-2026. L’objectif consiste à passer au crible l’impact économique réel de ces dépenses fiscales et à vérifier si les contreparties sociales ou industrielles promises par les bénéficiaires ont été tenues. Les résultats de cette enquête financière seront dévoilés dans les prochains mois.
Pour le monde des affaires, le changement de cap est immédiat. Le gouvernement invite instamment l’ensemble des opérateurs économiques à se conformer sans délai au régime de droit commun, en déclarant et en s’acquittant de la totalité de leurs impôts, droits et taxes durant cette période de suspension.
Enfin, le pouvoir exécutif précise que les mesures d’incitation fiscale inscrites dans le cadre légal ne seront pas purement supprimées, mais révisées et soumises à l’arbitrage du Parlement lors de l’examen du prochain projet de loi de finances.



