Brice Clotaire Oligui Nguema

Dette FMI : Le Gabon réduit son encours de 10,6 %, mais la dette publique globale continue de grimper

Libreville continue de réduire son exposition au FMI, avec un encours ramené à 319,05 millions de DTS fin août. Cette amélioration intervient toutefois dans un contexte d’endettement public croissant et de besoins de refinancement élevés.

Libreville a réduit de 10,6 % son encours de dette envers le Fonds monétaire international (FMI) en cinq mois. Celui-ci s’établissait à 319,05 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 247 milliards de FCFA, au 31 août 2026, contre 357,06 millions de DTS à fin mars. Depuis son point haut de fin 2023, à 670,28 millions de DTS, l’encours a ainsi été divisé de plus de moitié.

Cette baisse reflète les remboursements effectués entre juin et août au titre de l’ancienne Facilité élargie de crédit (FEC). Elle ne traduit toutefois pas une réduction de l’endettement global de l’État. La dette publique gabonaise est estimée à environ 8 700 milliards de FCFA à fin mars 2026 par les autorités, soit entre 70 % et 74 % du PIB. Le FMI table, pour sa part, sur un ratio de dette de 86,1 % du PIB en 2026 et de 94,3 % en 2027.

La trajectoire de l’endettement intervient alors que Libreville négocie avec le FMI un nouveau programme d’appui. Les discussions ont été retardées par les interrogations sur le montant de la dette héritée de la période précédente. À son arrivée au pouvoir, le gouvernement de transition avait fait état d’un encours compris entre 7 500 et 8 000 milliards de FCFA.
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé un audit de la dette avant tout nouvel accord avec le Fonds. Lancé le 17 juin 2026 selon les normes INTOSAI-ISSAI, cet exercice doit notamment permettre d’établir une situation consolidée de l’endettement public. Les négociations avec le FMI portent également sur la trajectoire budgétaire, l’amélioration de la mobilisation des recettes non pétrolières et la maîtrise de la dépense publique. Libreville entend par ailleurs inscrire le futur programme dans les priorités du Plan national de croissance et de développement (PNCD).

La baisse de l’encours envers le FMI intervient dans un environnement financier contraint. Le Gabon doit faire face à d’importantes échéances de dette intérieure : les besoins de refinancement atteindraient 11,6 % du PIB en 2026. Une pression accrue alors que le marché régional des titres publics de la CEMAC offre des marges de financement plus limitées. Cette situation pèse sur la capacité du gouvernement à financer simultanément ses besoins budgétaires et le remboursement de sa dette. Au premier trimestre, le déficit budgétaire était proche de 283 milliards de FCFA. Le gouvernement a également engagé des mesures de maîtrise des dépenses, notamment sur les exonérations fiscales.

La réduction de la dette envers le FMI constitue donc un indicateur favorable sur cette composante de l’endettement, mais elle ne suffit pas à inverser la trajectoire globale de la dette publique. Pour Libreville, l’enjeu est désormais de combiner la maîtrise des remboursements, l’accès au financement et la réduction du déficit, tout en sécurisant un nouvel accord avec le FMI.