DENIS SASSOU NGUESSO

Congo : la dette publique resterait à 87,3 % du PIB d’ici 2028, selon la Banque mondiale

Le Congo devrait afficher un excédent budgétaire culminant à 3 % du PIB en 2026, porté par la hausse des recettes pétrolières et par un retour à l’équilibre des dépenses en biens et services, selon les projections de la Banque mondiale.

Ce redressement budgétaire intervient toutefois dans un contexte de renchérissement des paiements d’intérêts extérieurs, conséquence directe de la hausse des taux d’intérêt internationaux liée au conflit au Moyen-Orient.

Malgré cette embellie, la dette publique du pays devrait rester élevée, autour de 87,3 % du PIB sur la période 2026-2028 – un niveau largement supérieur au plafond communautaire de 70 % fixé par la CEMAC, même si une diminution progressive est attendue. Le recours accru aux financements sur les marchés internationaux pourrait toutefois alléger l’exposition des banques nationales au risque souverain, au prix d’un risque de change plus élevé.

Sur le plan extérieur, la position du Congo devrait se renforcer en 2026, avec un excédent du compte courant estimé à 9,1 % du PIB, porté par des prix du pétrole toujours élevés. Dans le même temps, l’inflation devrait atteindre 3 % en 2026, dans un contexte de perturbations persistantes du transport maritime international.

La Banque mondiale souligne par ailleurs que les mesures renforcées adoptées en février 2025 – notamment l’ajustement des droits de douane et de la TVA sur les biens essentiels – devraient contribuer à limiter le risque d’insécurité alimentaire dans le pays.

L’institution avertit cependant que ces prévisions restent exposées à d’importants risques de dégradation : volatilité des prix du pétrole, nouvelles perturbations du transport maritime, ralentissement de la demande mondiale et resserrement des conditions de financement international, autant de facteurs susceptibles de peser sur la croissance et sur les liquidités du pays.