Cameroun : L’ENAM confie l’enseignement de l’Intelligence économique au Dr Guy Ngweth
- Le corporate
- 24 août 2026
- Editorial
- 0Commentaires
Le Dr Guy Gweth, président du Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE), a donné le 14 août 2026 la leçon inaugurale d’un nouvel enseignement destiné aux élèves de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam). Le programme doit notamment les former à la veille, à l’analyse de l’information et à la sécurisation des données utiles à la décision publique.
L’intelligence économique fait son entrée dans la formation des futurs cadres de l’administration et de la magistrature au Cameroun. Le 14 août 2026, le Dr Guy Gweth, président du Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE), a donné la leçon inaugurale de cet enseignement devant les élèves de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) à Yaoundé.
Le nouveau programme doit être officiellement dispensé par le CAVIE à partir du troisième trimestre 2026, sur la base d’un syllabus validé au début du mois d’août. Il vise à familiariser les futurs responsables publics avec les méthodes de collecte, d’analyse et de sécurisation de l’information utile à la décision.
L’approche retenue intègre également l’intelligence artificielle dans le traitement des données. L’objectif est notamment de permettre l’analyse de volumes importants d’informations et l’identification de signaux faibles susceptibles d’éclairer les décisions. La responsabilité de l’interprétation et de la décision finale reste toutefois confiée au décideur humain.
Pour le CAVIE, la formation répond à un enjeu de maîtrise de l’information stratégique. Le centre estime que l’insuffisance de veille peut affaiblir la position des États africains dans les négociations, les arbitrages et les relations avec leurs partenaires extérieurs. La formation proposée à l’ENAM entend ainsi renforcer les capacités des futurs cadres publics dans les domaines de la veille stratégique, juridique et financière.
Cette orientation intervient également dans le contexte de l’approfondissement de l’intégration économique africaine, notamment avec la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). La maîtrise de l’information économique et réglementaire devient alors un outil de préparation et d’anticipation pour les administrations publiques.
L’initiative s’appuie sur l’expérience accumulée par le CAVIE depuis une dizaine d’années. Le centre revendique une présence dans 38 pays et entend désormais renforcer son intervention dans la formation des administrations publiques africaines. Au-delà du nouvel enseignement, le CAVIE propose également d’accompagner la transformation numérique de l’ENAM. Parmi les pistes avancées figurent la digitalisation de certains enseignements, l’amélioration de l’accès des apprenants à internet et la mise en place de formations certifiantes destinées aux cadres déjà en fonction.
Ces formations pourraient notamment porter sur l’OSINT, la conformité, la due diligence et les stratégies d’influence. Elles visent à renforcer les compétences de professionnels confrontés à des enjeux croissants de recherche, de vérification et de sécurisation de l’information.
L’expérience camerounaise suscite par ailleurs l’intérêt d’autres institutions africaines. Le Gabon figure notamment parmi les pays qui suivent cette initiative et pourraient s’en inspirer. Pour ses promoteurs, l’introduction de l’intelligence économique dans les cursus des écoles de formation des hauts cadres pourrait ainsi constituer un nouveau levier de professionnalisation de la décision publique sur le continent.



