Port-Gentil : Quatre réformes annoncées pour relancer l’activité économique
- Le corporate
- 22 septembre 2026
- Editorial
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Recouvrement fiscal, procédures de saisie, recrutement de compétences étrangères et exercice du droit de grève : le Conseil des ministres du 18 septembre a annoncé quatre mesures destinées à améliorer l’environnement des affaires dans l’Ogooué-Maritime. Leur mise en œuvre doit encore être précisée par des textes réglementaires ou législatifs.
Le gouvernement gabonais annonce quatre mesures pour soutenir l’activité des entreprises de l’Ogooué-Maritime. Ces orientations se justifient par la persistance du chômage des jeunes, la réduction ou la cessation d’activité de certaines entreprises, la délocalisation de capitaux et le recul de l’attractivité de Port-Gentil. Le Chef de l’État demande ainsi des mesures destinées à préserver les entreprises viables et à favoriser la reprise de l’investissement dans la province.
En matière de recouvrement fiscal, l’avis à tiers détenteur (ATD) devra désormais être précédé d’une notification à l’entreprise concernée. Le dispositif devra également être « strictement limité au montant des sommes effectivement dues ». Sa levée devra intervenir avec diligence dès la conclusion d’un accord de règlement.
Le Conseil des ministres relève que le blocage des comptes bancaires peut, dans certains cas, perturber le fonctionnement des entreprises au-delà des montants effectivement dus. Le principe annoncé consiste donc à concilier la mobilisation des recettes publiques avec la continuité de l’activité économique.
Sur les saisies, le gouvernement prévoit de proposer un mécanisme permettant la consignation pendant la procédure d’appel, ainsi qu’un traitement accéléré des contestations. Cette orientation ne remet pas en cause le principe d’exécution des décisions de justice.
Le gouvernement prévoit également un dispositif temporaire et ciblé concernant le recrutement de cadres et techniciens étrangers. Il doit s’appliquer aux métiers pour lesquels les compétences disponibles localement sont insuffisantes.
Cet assouplissement sera assorti d’obligations de formation et de transfert de compétences. Les emplois d’exécution restent, pour leur part, prioritairement réservés aux travailleurs nationaux.
Sur le droit de grève, le Conseil des ministres réaffirme son caractère constitutionnel. Il précise toutefois que son exercice ne peut justifier l’occupation abusive des lieux de travail, l’entrave à l’activité des salariés non-grévistes ou la paralysie prolongée des services essentiels. Le dialogue social est présenté comme le principal cadre de règlement des différends.
La mise en œuvre de ces orientations doit être portée par le Vice-Président du Gouvernement et les ministres chargés de l’Économie, de la Justice, du Travail, du Pétrole et de l’Intérieur. Le Conseil des ministres demande la finalisation des instruments juridiques « sans délai ».
Les mesures relevant du pouvoir réglementaire doivent être prises immédiatement, tandis que celles nécessitant une modification législative seront soumises au Parlement en procédure d’urgence, après concertation avec les partenaires sociaux.
Le communiqué ne précise toutefois ni le délai de notification préalable pour les ATD, ni le montant à consigner en cas d’appel, ni la durée exacte du dispositif dérogatoire concernant la main-d’œuvre étrangère.
Ces annonces interviennent dans un contexte où les recettes fiscales gabonaises ont atteint 1 568,4 milliards de FCFA en 2025, sur une prévision de 1 692,8 milliards, soit un taux d’exécution de 92,65%. Le gouvernement estime par ailleurs qu’environ 7 000 emplois directs et indirects pourraient être générés par les projets de relance annoncés à Port-Gentil.
Le Président de la République prolonge son séjour d’une semaine dans la province de l’Ogooué-Maritime. La prochaine étape sera la traduction de ces orientations dans les textes annoncés et leur application effective aux entreprises.



