Commerce extérieur : Les surcoûts logistiques fragilisent la compétitivité du Cameroun
- Le corporate
- 15 septembre 2026
- Editorial
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Congestion, procédures douanières et faiblesse des connexions avec l’arrière-pays continuent de peser sur les chaînes d’approvisionnement. Ces contraintes renchérissent le coût du commerce extérieur et exposent les opérateurs camerounais à la concurrence de plateformes logistiques mieux connectées.
La compétitivité du commerce extérieur camerounais reste étroitement liée à la performance de ses infrastructures portuaires et logistiques. Le prestataire Dachser classe notamment le Cameroun parmi les marchés africains confrontés à des difficultés récurrentes liées à la congestion portuaire, à la lenteur des procédures douanières et à l’insuffisance des connexions routières et ferroviaires avec l’arrière-pays. Sur certaines façades maritimes du continent, les temps d’attente au mouillage peuvent atteindre dix jours, avec des conséquences directes sur les délais et les coûts d’acheminement.
Pour les importateurs, ces contraintes s’ajoutent à un environnement de fret déjà plus coûteux qu’ailleurs. Selon des données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), citées par l’Africa Trade Fund, les importateurs africains peuvent payer jusqu’à 40 % de plus que la moyenne mondiale pour le transport maritime. Cette différence est notamment liée au nombre limité de lignes desservant certaines destinations, à la faiblesse des volumes transportés et à des primes d’assurance plus élevées.
À Douala, principal point d’entrée des marchandises au Cameroun, ces surcoûts affectent directement la compétitivité des entreprises. Le coût logistique ne dépend en effet pas uniquement des opérations réalisées à quai. Il intègre également les délais de passage, le transport vers les marchés intérieurs, les formalités administratives et la régularité des liaisons maritimes.
La concurrence des hubs internationaux
Cette équation favorise l’émergence de circuits logistiques alternatifs. Dubaï constitue à ce titre une importante plateforme de redistribution des marchandises vers plusieurs marchés africains. Son écosystème portuaire et logistique permet notamment de réexporter une part importante des marchandises reçues vers des destinations secondaires.
Le port de Jebel Ali dispose par ailleurs de connexions avec plusieurs grandes portes d’entrée du continent, notamment Mombasa, Dar es-Salaam et Djibouti. Pour les importateurs, le recours à ces hubs peut présenter un intérêt lorsque la combinaison du prix, du délai et de la fiabilité du transport apparaît plus avantageuse qu’une liaison directe.
Cette concurrence ne porte donc plus uniquement sur la capacité des terminaux à accueillir les navires. Elle concerne désormais l’ensemble de la chaîne logistique, depuis l’arrivée de la marchandise jusqu’à sa livraison dans l’arrière-pays.
Pour le Cameroun, l’enjeu est ainsi de réduire les ruptures entre le port, les administrations, les corridors terrestres et les marchés de destination. L’amélioration de la fluidité portuaire et de la connectivité avec l’intérieur du pays conditionne directement la capacité des opérateurs à réduire leurs coûts et à sécuriser leurs approvisionnements.
Dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement deviennent un facteur déterminant de compétitivité, la performance du port de Douala ne se mesure donc plus seulement au volume de marchandises traité. Elle se mesure aussi à la rapidité, à la prévisibilité et au coût du parcours complet de la marchandise.



