Appel public à l’épargne : Bamboo Microfinance sollicite 5 milliards FCFA sur le marché financier de la CEMAC
- Le corporate
- 5 août 2026
- Editorial
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Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, le marché obligataire de la CEMAC s’ouvre progressivement aux particuliers. Bamboo Microfinance y sollicite 5 milliards de FCFA à un taux de 7,25 % sur trois ans, avec une souscription minimale fixée à 50 000 FCFA.
Bamboo Microfinance fait appel à l’épargne publique pour financer son développement. L’institution de microfinance a lancé un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE) de 5 milliards de FCFA, une opération validée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) et présentée comme une première dans la sous-région en raison de son faible ticket d’entrée.
L’émission, autorisée sous le visa COSUMAF-APE-03/26, porte sur 5 millions d’obligations d’une valeur nominale de 1 000 FCFA chacune. Ce montant, inédit pour un emprunt obligataire en zone CEMAC, vise à démocratiser l’accès au marché financier en ouvrant la souscription aux particuliers, au-delà des investisseurs institutionnels.
Les obligations offrent un taux d’intérêt brut annuel de 7,25 % sur une durée de trois ans. La souscription minimale est fixée à 50 obligations, soit 50 000 FCFA. Ouverte depuis le 15 juillet, l’opération se poursuivra jusqu’au 12 octobre 2026, avant une admission à la cote de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) à Douala.
L’opération est structurée par Africa Bright Securities, qui intervient comme arrangeur et chef de file. Le placement est assuré par un syndicat réunissant plusieurs sociétés de bourse de la sous-région, parmi lesquelles ASCA, BGFIBourse, Beko Capital, L’Archer Capital, EDC Capital, FedhEn Capital, CBT Bourse et BAMS.
À travers cette levée de fonds, Bamboo Microfinance entend accroître ses capacités de financement en faveur des entrepreneurs, des très petites entreprises et des ménages. L’établissement souhaite ainsi transformer une partie de l’épargne disponible en crédits destinés à soutenir l’économie réelle, alors que l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles au développement des PME en Afrique centrale.
Cette émission intervient dans un contexte où les autorités financières cherchent à mobiliser davantage l’épargne régionale au profit de l’investissement productif. Selon les données de la Cosumaf, l’épargne bancaire privée dans la CEMAC atteignait 12 962 milliards de FCFA en 2024, un potentiel encore largement sous-exploité par les marchés financiers.
L’opération s’inscrit également dans la stratégie de développement du marché financier régional. Début juillet 2026, la Cosumaf a conclu à Libreville un accord de coopération avec l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA (AMF-UMOA) et la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) afin de renforcer la mobilisation de l’épargne en Afrique subsaharienne francophone.
Au-delà des 5 milliards de FCFA recherchés, cette émission servira de test pour mesurer la capacité du marché obligataire régional à séduire une nouvelle catégorie d’investisseurs grâce à des conditions de souscription plus accessibles. Si l’opération atteint son objectif, elle pourrait ouvrir la voie à une démocratisation du financement obligataire en zone CEMAC.


