Mobilité électrique : Spiro Cameroon cède 1 000 motos électriques au distributeur Motozone

Mobilité électrique : Spiro Cameroon cède 1 000 motos électriques au distributeur Motozone

Treize mois après son entrée officielle sur le marché camerounais, Spiro Cameroon a conclu le 24 juin 2026 un accord de distribution avec Motozone portant sur 1 000 motos électriques Spiro 450 M1 V2. La transaction intervient dans un contexte de montée en puissance financière du groupe à l’échelle continentale.

Spiro Cameroon et le distributeur Motozone ont officialisé, le 24 juin 2026 à Douala, un accord d’acquisition portant sur 1 000 unités du modèle Spiro 450 M1 V2. Il s’agit du volume unitaire le plus élevé engagé par un partenaire commercial depuis l’implantation de l’entreprise au Cameroun. Le montant de la transaction et le calendrier de livraison n’ont pas encore été communiqué.

Spiro est officiellement entrée sur le marché camerounais le 10 mai 2025 à Douala, avec pour objectif d’étendre son empreinte en Afrique centrale. Le 29 avril 2026, 50 motos ont été remises à la startup camerounaise Royal Holding pour ses opérations avec la plateforme Yango, dans le cadre du transport urbain et de la livraison. L’objectif annoncé à terme est le déploiement d’une flotte de 3 000 motos sur l’ensemble du territoire.

L’accord avec Motozone représente donc un saut d’échelle dans cette trajectoire, en portant à plus de 1 050 unités le volume de motos engagées au Cameroun depuis le lancement commercial.

Le dispositif opérationnel de Spiro repose sur un système dit de « swap » : les conducteurs échangent leur batterie déchargée contre une batterie chargée en station, sans attendre de recharge. L’entreprise affirme avoir déjà installé quinze stations d’échange de batteries à Douala. Elle ambitionne une couverture complète des régions du Littoral et du Centre, ainsi qu’une partie de l’Ouest, d’ici fin 2026.

Le coût d’utilisation avancé par l’entreprise est de 1 500 FCFA pour 100 kilomètres. Le directeur général de Spiro Cameroun, Alain Guy Etoundi, avance qu’un motocycliste pourrait réduire ses dépenses jusqu’à 300 000 FCFA par an par rapport à une moto thermique. Ces chiffres sont ceux communiqués par l’entreprise et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.

La loi de finances 2025 exonère les véhicules électriques du droit d’accises, fixé à 12,5 % auparavant, et accorde un abattement de 50 % sur la valeur imposable des motos, batteries et bornes de recharge neuves pendant 24 mois. Ces mesures bénéficient directement au modèle économique de Spiro. En revanche, aucun réseau d’échange de batteries n’opérait au Cameroun à fin 2025 en dehors des installations de Spiro elle-même, ce qui fait de la densification de ce réseau une condition déterminante pour la viabilité commerciale du déploiement.

Le contexte financier du groupe Spiro renforce la capacité de déploiement au Cameroun. En octobre 2025, l’entreprise avait mobilisé 100 millions de dollars, dont 75 millions auprès du Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), la branche d’investissement à impact d’Afreximbank. Le 1er juin 2026, Spiro a annoncé une levée de fonds en fonds propres de 215 millions de dollars, soutenue notamment par Impact Fund Denmark et Equitane, portant à 420 millions de dollars les financements obtenus depuis octobre 2025.

À l’échelle continentale, Spiro revendique 100 000 motos électriques en circulation sur sept marchés et 2 500 stations d’échange opérationnelles, et indique avoir contribué à la création de 6 000 emplois directs et indirects. Le groupe dispose d’unités d’assemblage au Kenya, en Ouganda, au Rwanda et au Nigeria. Aucune usine d’assemblage n’est encore opérationnelle au Cameroun, où le projet reste en phase d’étude selon les déclarations publiques de la direction locale.