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Zlecaf : Le Gabon presse le pas pour intégrer les chaînes de valeur africaines

Reçu le 19 juin 2026 à Libreville par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le secrétaire général de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (Zlecaf), Wamkele Mene, a confirmé la relance des discussions entre le secrétariat continental et le Gabon, avec un accent particulier sur les capacités industrielles de la Zone économique spéciale de Nkok.

Le Chef de l’État a reçu en audience, le 19 juin 2026, une délégation conduite par Wamkele Mene, Secrétaire général de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine. Cette rencontre, intervenue au lendemain d’un entretien avec le vice-président du gouvernement Hermann Immongault, marque la reprise officielle des discussions entre Libreville et le secrétariat de l’institution panafricaine.

Les échanges ont porté sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la ZLECAF et sur le suivi du plan d’action conjoint entre l’institution continentale et le gouvernement gabonais. Selon les déclarations de Wamkele Mene, le Gabon a déjà élaboré sa stratégie nationale ZLECAF ; reste désormais à en assurer la mise en œuvre concrète, avec l’appui technique sollicité par les autorités gabonaises. La modernisation des systèmes douaniers, le renforcement des infrastructures frontalières et des capacités institutionnelles, ainsi que l’implication accrue du secteur privé, ont figuré au cœur des discussions.

Le secrétaire général a particulièrement insisté sur le potentiel de la Zone Économique Spéciale de Nkok, dont les productions manufacturières pourraient bénéficier plus largement du marché continental. Il a identifié plusieurs secteurs prioritaires où le Gabon dispose d’atouts réels : la transformation du bois, l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique et la fabrication de composants automobiles. La position géographique du pays, au cœur du golfe de Guinée, constitue selon lui un atout supplémentaire pour son ancrage dans les chaînes de valeur africaines.

Satisfait de ces échanges, le Chef de l’État a réaffirmé la vision du Gabon en matière de développement économique : transformation locale des matières premières, diversification de l’économie et renforcement du numérique, conformément aux orientations du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD). Cette feuille de route a d’ailleurs été détaillée par le Président devant le Parlement réuni en Congrès le 15 juin dernier, à l’occasion de son premier discours sur l’état de la Nation.

Signé en mars 2018 puis ratifié en juillet 2019, l’accord portant création de la ZLECAF ouvre au Gabon l’accès à un marché continental de plus de 1,4 milliard de consommateurs, pour un produit intérieur brut cumulé dépassant 3 000 milliards de dollars. Le commerce intra-africain demeure toutefois en retrait, plafonnant autour de 15 % des échanges du continent, loin des niveaux observés en Europe ou en Asie, un écart que l’institution panafricaine entend combler.

Cette audience s’inscrit dans une séquence diplomatique dense pour Libreville, qui a également reçu cette semaine un émissaire américain dans le cadre d’une possible réintégration à l’AGOA, confirmant la volonté du Gabon de diversifier ses partenariats économiques tout en consolidant son ancrage continental.