Energy Transition Index 2026 : Le Gabon, 3e meilleur élève africain de la transition énergétique
- Le corporate
- 22 juin 2026
- Editorial
- 0Commentaires
Selon l’Energy Transition Index 2026 du Forum économique mondial, publié le 18 juin avec Accenture, le pays de Brice Clotaire Oligui Nguema se classe 3e en Afrique et 66e sur 120 pays dans le monde. Une performance qui tranche avec celle du reste de l’Afrique centrale, où la RD Congo ferme la marche du classement mondial.
Libreville confirme son rang de bon élève régional, porté par un mix électrique largement dominé par l’hydroélectricité et un couvert forestier qui allège son bilan carbone. Le pays devance nettement ses voisins de la CEEAC. Le Cameroun, seul autre pays d’Afrique centrale dans le top 10 africain, pointe au 78e rang mondial. La RD Congo, malgré un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants au monde, ferme le classement à la 120e et dernière place, plombée par des infrastructures sous-développées et un accès à l’électricité encore très limité.
L’indice évalue 120 pays sur 44 indicateurs, combinant la performance actuelle du système énergétique – sécurité, durabilité, équité -, pondérée à 60%, et la préparation à la transition – réglementation, financement, innovation, infrastructures, éducation -, pondérée à 40%. Le score gabonais tient vraisemblablement davantage à la solidité du premier pilier, un système déjà largement décarboné, qu’à une préparation institutionnelle exceptionnelle, contrairement à la Namibie, leader africain avec 56,2 points grâce à des réformes réglementaires ciblées.
L’Afrique subsaharienne enregistre cette année la plus forte hausse de score moyen au monde, à 50,10 points (+1,2% sur un an), tirée par des progrès en réglementation, éducation, innovation et investissement. Mais cette dynamique reste fragile : sous-investissement chronique, congestion des réseaux et retards d’autorisation continuent de freiner une Afrique centrale parmi les moins interconnectées du continent.
Le rapport relève un paradoxe qui touche directement la région : malgré 3 300 milliards de dollars investis dans l’énergie en 2025, 75% des investissements propres restent concentrés sur une poignée d’économies. Les pays appelés à porter 80% de la croissance future de la demande électrique, dont plusieurs pays d’Afrique centrale, font face à des coûts de financement deux à trois fois supérieurs à la moyenne mondiale. Pour la première fois en plus de dix ans, la préparation mondiale à la transition recule, le financement ayant chuté de 1,8% sur un an.
Pour le Gabon comme pour ses voisins de la CEEAC, l’enjeu n’est plus seulement de capitaliser sur des atouts naturels, mais de transformer ces avantages en capacité réelle d’attraction de capitaux, dans une compétition mondiale pour le financement vert de plus en plus disputée.


