Inflation

Guinée Équatoriale : l’inflation se maintient sous la barre des 3 % en mai 2026

L’économie de la Guinée Équatoriale affiche des signes de résilience face aux pressions sur les prix. Au cours du mois de mai 2026, le taux d’inflation national a atteint 2,3%.

 Bien qu’en légère hausse par rapport au mois précédent, ce résultat demeure confortablement sous le seuil de 3 % fixé par la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) dans le cadre de son mécanisme de surveillance multilatérale. Cette évolution témoigne d’une maîtrise globale des tensions sur le marché intérieur. De son côté, l’inflation sous-jacente — qui exclut la volatilité des produits énergétiques et des aliments frais — s’est établie à 2,4 %, confirmant la tendance structurelle modérée des prix dans le pays.

Les secteurs qui tirent les prix vers le haut

Malgré cette stabilité macroéconomique, plusieurs secteurs ont enregistré des hausses notables ce mois-ci. Les transports affichent la progression la plus forte(+4,1 %), portés par l’augmentation du coût des véhicules motorisés (+8,3 %)ainsi que des tarifs des transports maritimes (+9,5 %) et aériens (+8,2 %). Le secteur de la santé suit de près avec une hausse de 3,4 %, tiré par les soins dentaires(+10,0 %), les produits pharmaceutiques (+5,1 %) et les services hospitaliers(+5,0 %). Le groupe « Boissons alcoolisées et tabac » a également bondi de 3,1%, sous l’effet d’une hausse marquée des spiritueux (+11,5 %) et des bières importées (+3,1 %).

Enfin, l’alimentation (+0,9 %) a pesé sur le panier des ménages, notamment en raison du renchérissement de produits de consommation courante comme le poisson séché ou fumé (+8,9 %), la viande de zébu (+8,5 %) et le café ou thé (+5,7 %). Par rapport au mois d’avril 2026, la variation mensuelle globale s’établit à +0,7%.

Fortes disparités géographiques : Malabo en tête

L’analyse par région révèle des réalités locales très contrastées. La capitale, Malabo, subit la plus forte pression du pays avec un taux d’inflation atteignant 4,0 %. Cette surchauffe locale s’explique principalement par l’explosion des coûts du transport (+11,6 %) et de la santé (+5,1 %) dans la ville. Ebibeyin suit avec un taux de 3,7 %, également pénalisé par le coût des denrées alimentaires.
À l’inverse, d’autres agglomérations respirent : Evinayong enregistre une inflation modérée de 1,6 %, tandis que Mongomo se stabilise à 1,0 %. Le littoral se distingue particulièrement, puisque la ville de Bata affiche le taux le plus bas du pays, à seulement 0,5 %, grâce à une quasi-stagnation des prix alimentaires (+0,1 %).

Modération importée et rééquilibrage sectoriel

L’un des points les plus positifs du rapport de l’Institut national de statistique de la Guinée équatoriale (INEGE) concerne l’origine des produits. L’inflation des biens importés s’est fortement détendue, passant de 3,6 % en mai 2025 à 2,3 % en mai2026, isolant partiellement le pays des chocs logistiques internationaux. Les produits locaux suivent la même trajectoire descendante, passant de 2,9 % à 2,0%.
Sur le plan sectoriel, le secteur primaire (agriculture et matières premières) a vu sa hausse des prix freinée à 3,3 % contre un lourd 8,9 % l’année dernière. Le secteur tertiaire (services) se modère également à 2,1 %. Seul le secteur secondaire (industrie et transformation) montre une accélération, sa progression grimpant de 2,2 % à 3,3 %. En somme, la Guinée Équatoriale consolide sa stabilité monétaire, portée par une convergence favorable des prix locaux et importés.