Gabon : Bilan en demi-teinte pour le programme Gab-Pêche avant sa 2e phase
- Le corporate
- 24 mai 2026
- Editorial
- 0Commentaires
Lancé en août 2025 pour restructurer la pêche artisanale et approvisionner le marché de Libreville, le programme Gab-Pêche affiche des résultats en deçà des objectifs fixés. Sur 20 embarcations, seules 10 sont opérationnelles. Le gouvernement conditionne désormais le lancement de la deuxième phase à la remise d’un plan d’action.
Le vice-président du gouvernement gabonais, Hermann Immongault, a tenu le 20 mai 2026 une séance de travail avec le ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Économie Bleue, Aimé Martial Massamba. L’ordre du jour portait sur l’état d’avancement du programme Gab-Pêche, dont le bilan révèle des dysfonctionnements sur plusieurs fronts.
Lancé en août 2025 à l’initiative du chef de l’État, le programme fixait trois objectifs : restructurer la pêche artisanale maritime, gaboniser le secteur et lutter contre la vie chère par un approvisionnement du marché de Libreville en poisson frais. Huit mois après son lancement, le passage à la phase d’exploitation en 2026 a mis en lumière des défaillances structurelles, opérationnelles, financières et juridiques.
Sur le plan opérationnel, seules 10 des 20 embarcations de la flotte sont en activité. Les débarquements au Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (Capal) restent faibles, et une partie des captures est débarquée de façon dispersée sur le Komo, hors du circuit officiel.
Sur le plan financier, le changement d’Administrateur Directeur Général a entraîné un gel temporaire du compte du GIE à la BCEG, dans l’attente de la désignation d’un nouveau dirigeant habilité. Cette situation a depuis été régularisée et un rééchelonnement de la dette a été octroyé.
Toutefois, le mécanisme actuel de remboursement collectif a rapidement montré ses limites, en contraignant les pêcheurs actifs à supporter les défaillances des pêcheurs inactifs ou de ceux ne déclarant pas l’intégralité de leurs captures. Cette situation conduit à un niveau de domiciliation des flux largement inférieur aux engagements initialement pris auprès de la banque.
Le nouveau modèle, actuellement en cours de finalisation, prévoit à cet effet une contractualisation individuelle par pêcheur, afin de renforcer la responsabilisation des bénéficiaires et d’améliorer l’efficacité globale du dispositif.
Le ministre Massamba a reconnu l’étendue des difficultés lors de cette séance : « Nous avons fait un point d’étape sur le programme Gab-Pêche et au regard des dysfonctionnements observés, il nous fallait faire un bilan d’étape. Au moment où le gouvernement s’apprête à lancer la deuxième phase plus inclusive et va atteindre d’autres provinces, car Gab-Pêche était uniquement limité sur Libreville (…) Il y a des problèmes de gouvernance, juridique, d’opérationnalisation, les pêcheurs eux-mêmes n’étaient pas bien organisés. L’objectif recherché était d’amener les produits halieutiques sur le marché national, mais rien ne se passe comme prévu. Nous avons constaté que sur les 20 pirogues obtenues, seules 10 pirogues sont aujourd’hui actives », a-t-il déclaré.
Hermann Immongault a, pour sa part, rappelé les instructions du chef de l’État relatives aux trois objectifs du programme, «la restructuration de la pêche artisanale maritime, favoriser la gabonisation du secteur et lutter contre la vie chère par l’approvisionnement régulier du marché en poisson frais», et conditionné le lancement de la deuxième phase à la production d’un plan d’action avec un chronogramme validé par les instances de tutelle.


