Gabon : le gouvernement propose un budget ramené à 5 495,2 milliards FCFA (-13,6 %)
- Le corporate
- 24 mai 2026
- Editorial
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Libreville anticipe également sur une révision à la baisse de la croissance économique face à des indicateurs de production qui s’annoncent contrastés.
Le gouvernement gabonais s’apprête à opérer une cure de rigueur budgétaire. Le ministre des Finances, Thierry Minko, a soumis au Conseil des ministres un projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Ce collectif budgétaire consacre une baisse drastique de 13,6 % de l’enveloppe globale de l’État, désormais équilibrée en ressources et en charges à 5 495,2 milliards de FCFA, contre 6 358,2 milliards de FCFA initialement prévus. Ce repli de 862,9 milliards de FCFA traduit la volonté de Libreville de réajuster son train de vie face à des perspectives économiques plus complexes.
Parallèlement à cette contraction budgétaire, les autorités anticipent un net ralentissement de l’activité économique. La prévision de croissance du PIB pour 2026 est ainsi ramenée à 4,0 %, contre les 6,5 % initialement projetés. Ce coup de frein s’explique par des indicateurs de production sectoriels particulièrement contrastés, malgré le dynamisme attendu du secteur hors pétrole (+4,4 %).
Du côté des signaux positifs, le secteur extractif affiche une belle résilience. Libreville table sur une production pétrolière en hausse de 3,1 % (11,2 millions de tonnes) et bénéficie d’un prix du baril gabonais en hausse de 15,03 %, projeté à 75,0 USD. Le manganèse progresse également de 2,1 % pour atteindre 9,424 millions de tonnes, en dépit d’une légère érosion de son prix de vente (-0,8 % à 166,9 USD). La performance la plus spectaculaire revient à l’or, dont la production va doubler (+100 %) pour s’établir à 800 kg.
En revanche, l’agriculture et la filière bois tirent la croissance vers le bas. Le pays fait face à un effondrement de 76,9 % de la production de caoutchouc, à un recul de 6,4 % de l’huile de palme et à une chute de 36,2 % du bois débité. Le cadre macroéconomique reste quant à lui adossé à un taux de change stable du dollar, maintenu à 571,9 FCFA.
Cette révision des hypothèses affecte directement l’architecture budgétaire. Les recettes nettes de l’État chutent de 879,8 milliards de FCFA pour s’établir à 2 928,2 milliards de FCFA. Pour compenser ce manque à gagner, le gouvernement serre la vis : les dépenses globales sont sabrées de 814,3 milliards de FCFA pour se fixer à 5 180,0 milliards de FCFA. Enfin, pour combler ses besoins de financement, Libreville va accroître sa dépendance aux marchés financiers, prévoyant une hausse de 65,5 milliards de FCFA de ses ressources de trésorerie via un recours accru aux émissions de titres publics.



