Ecobank et Bank of China négocient un système de règlement en yuan pour transformer le commerce sino-africain
- Le corporate
- 28 avril 2026
- Editorial
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Dans une démarche stratégique visant à redéfinir les flux financiers entre l’Asie et l’Afrique, le groupe Ecobank est en discussions avancées avec la Bank of China pour lancer un mécanisme de règlement direct en yuan. Ce projet, qui devrait aboutir d’ici la fin de l’année 2026, marque une étape décisive dans la réduction de la dépendance du continent vis-à-vis du dollar américain.
S’exprimant lors d’une interview exclusive accordée à Reuters lundi, Jeremy Awori, PDG d’Ecobank Transnational Inc (ETI.LG), a souligné que cette initiative répond à une demande croissante des petites et moyennes entreprises (PME) africaines. «Nous explorons activement les opportunités de régler les transactions directement en yuan chinois, en contournant le passage systématique par le dollar », a déclaré M. Awori. « Pour accompagner la croissance de nos clients vers la Chine, nous investissons massivement dans les outils et mécanismes de paiement nécessaires».
Actuellement,la conversion obligatoire des devises locales en dollars avant de payer lesfournisseurs chinois alourdit les coûts transactionnels et comprime les margesbénéficiaires des importateurs africains. En s’associant à la Bank of China(601988.SS), majoritairement détenue par l’État, Ecobank souhaite fluidifierces échanges.
Leyuan gagne du terrain en Afrique
Cette offensive s’inscrit dans un mouvement continental de diversification monétaire. Plusieurs nations africaines explorent déjà des alternatives : le Kenya a converti certains prêts ferroviaires en yuan, tandis que la Zambie utilise la devise chinoise pour le règlement des redevances minières. Pékin, de son côté, accélère l’internationalisation de sa monnaie en supprimant cette année les tarifs douaniers pour 53 nations africaines. « L’intérêt de la Chine pour les ressources naturelles — énergie, mines, pétrole et gaz — est immense »,rappelle Jeremy Awori. Pour capter ces flux, Ecobank renforce actuellement ses bureaux de représentation en Chine.
Performancefinancière et dividendes
Cetteannonce survient alors qu’Ecobank renoue avec une santé financière robuste.Suite à une croissance exceptionnelle en 2025, la banque panafricaine verseracette année son premier dividende depuis 2022. La branche banque d’affaires etd’investissement a vu son profit avant impôts bondir de 40 %, portée pardes mandats de restructuration de dettes souveraines au Gabon et au Bénin,ainsi qu’un financement majeur de 200 millions d’euros pour l’Ouganda.
Malgréun contexte mondial incertain, marqué par le conflit au Moyen-Orient, le groupeaffiche une efficacité opérationnelle accrue. Le ratio coûts/revenus est tombéà 48 %, une amélioration de 4 points en un an. Pour2026, Ecobank mise sur l’automatisation. M. Awori a annoncé des investissements« significatifs » dans les centres de données et les applications de créditnumérique. Un partenariat stratégique avec Google a également été scellépour moderniser la plateforme logicielle de paiements du groupe, renforçant saposition de leader technologique dans les 33 pays où il opère. « Lesmacroéconomies mondiales sont volatiles, mais nos fondamentaux et notre viragevers le règlement en monnaies locales nous offrent des perspectives decroissance inédites », a conclu le PDG.



