Vers une fusion entre Sogatra et Trans’Urb pour relancer le transport public
- Le corporate
- 21 août 2025
- Editorial
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Le gouvernement gabonais vient d’engager une réforme d’ampleur dans le secteur du transport public. Le 19 août dernier, le ministre d’État en charge des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a annoncé la fusion prochaine entre la Société gabonaise de transport (Sogatra) et Trans’Urb. L’objectif est clair : mettre fin à des années de déficits chroniques et d’inefficacité pour créer une structure unique, plus performante et financièrement soutenable.
Depuis plusieurs années, les deux opérateurs publics accumulent les difficultés. Sogatra traîne une dette évaluée à environ 22 milliards de FCFA et peine à honorer ses engagements vis-à-vis de ses agents, tandis que Trans’Urb affiche un parc sinistré, avec plus de 80 % des bus hors d’usage à peine trois ans après leur mise en circulation. En dépit de subventions massives de plus de 9 milliards de FCFA en 2021 –, la situation n’a cessé de se dégrader, illustrant l’essoufflement d’un modèle reposant essentiellement sur l’appui budgétaire de l’État.
La réforme annoncée s’articulera autour de plusieurs priorités. Elle prévoit d’abord une rationalisation des effectifs, après qu’un audit a mis en évidence près de 300 agents sans réelle affectation. Elle inclut également la modernisation du parc avec l’acquisition de 130 bus auprès du constructeur indien Tata Motors, censés améliorer la régularité du service et réduire la dépendance aux véhicules vétustes. Autre point majeur : la fin progressive de la gratuité instaurée pendant la pandémie de Covid-19. Le gouvernement envisage un système de tickets et d’abonnements modulés, permettant de cibler l’aide publique vers les ménages les plus fragiles tout en rétablissant un équilibre financier. Enfin, la création d’une entité unique doit s’accompagner d’un renforcement de la gouvernance afin d’assurer un pilotage plus transparent et plus efficace.
Cette réorganisation, si elle répond à une nécessité économique, comporte toutefois des zones de risque. La réduction des effectifs, bien que jugée indispensable, pourrait provoquer des tensions sociales si elle n’est pas accompagnée de mesures d’atténuation. L’introduction d’une tarification sociale devra, quant à elle, trouver le bon équilibre entre accessibilité pour les usagers et viabilité pour l’opérateur. À cela s’ajoute le défi logistique et technique lié à la mise en circulation des nouveaux bus, qui exigera un suivi rigoureux en matière de maintenance et de formation.
Au-delà des aspects opérationnels, cette décision traduit une volonté politique plus large : rationaliser la gestion des entreprises publiques et réduire leur dépendance à des subventions coûteuses. En fusionnant Sogatra et Trans’Urb, l’exécutif cherche à poser les bases d’un transport public plus fiable, capable d’accompagner le développement économique et social du pays, tout en inscrivant son action dans une logique de souveraineté budgétaire.



