‎Transformation du manganèse au Gabon: que d’investisseurs intéressés !

La dynamique enclenchée par les autorités gabonaises de transformer localement le manganèse suscite un engouement croissant à l’international. Après les marques d’intérêt successives d’investisseurs chinois, japonais, indiens et français, c’est au tour des Émirats Arabes Unis de se positionner. Le 16 août dernier, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a reçu en audience Dr Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, ministre émirati du Commerce extérieur, venu explorer les opportunités industrielles au Gabon.

‎Les échanges ont globalement porté sur « le renforcement de la coopération bilatérale et l’exploration de nouveaux partenariats dans les secteurs stratégiques, notamment le pétrole, le gaz, l’énergie, les infrastructures ferroviaires et le développement hôtelier ».

‎Mais la délégation émiratie a surtout exprimé son intérêt pour la construction d’une raffinerie de manganèse et d’une zone industrielle minière, conformément à la vision du chef de l’État visant la transformation locale du minerai. Pour Libreville, c’est une frénésie d’investisseurs qui, pour le moins, confortent les autorités dans le fait d’avoir pris une bonne orientation économique.

‎Des retombées économiques colossales

‎Le Gabon produit environ 10 millions de tonnes de manganèse brut par an. Or, selon les données officielles présentées en juillet 2025 par le vice-président Alexandre Barro Chambrier, une tonne de minerai brut se vend autour de 2 670 FCFA, tandis qu’une tonne de silico-manganèse — produit transformé — atteint près de 598 000 FCFA. En clair, la transformation locale permettrait de multiplier les revenus par près de 200.
‎À cela s’ajouteraient des milliers d’emplois directs et indirects créés, selon les projections gouvernementales.

‎Les autorités gabonaises ne comptent pas s’arrêter au manganèse. Le modèle de transformation locale est appelé à s’étendre à d’autres ressources stratégiques telles que le fer, l’or, et bien d’autres.