Taux de croissance : le Congo mise sur le secteur hors pétrole pour rebondir à 3,6% en2026

Cette prévision optimiste, confirmée par le Trésor français, repose entièrement sur la redynamisation du secteur hors pétrole, soulignant la nécessité de diversifier l’économie pour surmonter l’instabilité du marché du baril.  

Lors de son traditionnel discours sur l’état de la nation, prononcé le 28 novembre 2025devant le Parlement réuni en congrès, le Chef de l’État Denis Sassou N’Guesso a révélé des prévisions optimistes pour l’économie congolaise. Après un ralentissement attendu à 2,4 %à fin 2025 (contre 2,9 %$ en 2024), le taux de croissance du Congo devrait repartir significativement à la hausse. 

Le Président Sassou N’Guesso a rassuré que ce taux s’améliorera pour se situer autour de 3,6%en 2026. « Le taux de croissance projeté en 2026 se situe autour de 3,6%, essentiellement tiré par le secteur hors pétrole. C’est d’autant plus encourageant qu’il s’agit d’une croissance résiliente pour une économie qui se restructure à un rythme lent mais rassurant. »

Cette réorientation vers le secteur hors pétrole est un impératif stratégique pour Brazzaville, pays pétrolier par excellence, afin de se prémunir contre l’instabilité chronique du prix du baril sur le marché international et ses répercussions négatives sur les recettes publiques. Le gouvernement devra donc intensifier les stratégies visant à mobiliser les recettes fiscalo-douanières et les recettes non fiscales.

Ces prévisions sont corroborées par des analyses externes. Une note récente sur les Brèves économiques d’Afrique centrale, publiée par le Trésor français, table également sur une accélération de la croissance au Congo dès la fin de cette année. Selon le Trésor français, la croissance s’établirait à 3,3%en 2025 (contre 2,6% en2024). Si ces objectifs se matérialisent, le Congo enregistrerait la deuxième meilleure performance économique de la CEMAC (Communauté Économique et monétaire de l’Afrique Centrale), juste derrière le Cameroun, leader de la zone, dont le taux de croissance projeté est de 3,6%.

Pour rappel, le Congo s’est retrouvé confronté à partir de 2015 à une crise économique et financière majeure causée par le repli du prix international du baril de pétrole, conduisant à une forte chute des revenus de ses exportations. Après deux années de récession, la croissance a repris légèrement en 2018 et 2019, puis la crise COVID a entrainé une nouvelle récession de 8,1% en 2020. La reprise qui a suivi s’est accélérée à 1,5% en 2021 et 1,8% en 2022. Selon le FMI, la croissance en2023 a été plus faible qu’attendu en s’établissant à 2,0% au lieu des 4,0%projetés. 

Cette révision à la baisse est essentiellement due à la contreperformance du secteur pétrolier qui affiche une croissance négative de-0,5% (au lieu des 4,4% prévus). De même, les 3% de croissance du secteur non pétrolier ont été inférieurs aux prévisions de +3,9%. De même, la prévision de croissance pour 2024 a été révisée à 2,6%, tirée par le secteur non pétrolier(3,1%) davantage que par le secteur pétrolier (0,8%).