Souveraineté financière : Yvon Sana Bangui propulse la BEAC au cœur de la nouvelle architecture africaine
- Le corporate
- 23 février 2026
- Editorial
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Le 17 février 2026, à Abidjan, le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui a officiellement engagé l’institution dans la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine.
Le système financier africain amorce une mue historique sous l’impulsion de ses principaux régulateurs. Le 17 février 2026, à Abidjan, le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui a officiellement engagé l’institution dans la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA). Cette offensive stratégique, menée lors d’une session de haut niveau du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) présidée par le Dr Sidi Ould Tah, vise à bâtir un système financier continental autonome, intégré et résilient face aux chocs exogènes.
Pour le patron de la banque centrale de la CEMAC, la stabilité monétaire ne constitue plus une fin en soi, mais un levier. Yvon SANA BANGUI a opéré un tournant doctrinal majeur en affirmant que les institutions d’émission doivent désormais agir comme des facilitateurs d’investissements de long terme. L’objectif est clair : réduire la dépendance aux financements extérieurs en mobilisant massivement les ressources domestiques pour soutenir des projets structurants tels que le réseau ferroviaire Trans-CEMAC et la création d’une raffinerie régionale.
Trois leviers pour une réforme opérationnelle
Afin de traduire cette ambition en actes, le Gouverneur a soumis trois propositions concrètes aux régulateurs africains. La BEAC soutient activement la création d’une agence de notation africaine. En partageant des données macroéconomiques précises, l’institution entend briser la stigmatisation financière qui renchérit artificiellement le coût du crédit pour les États du continent.
Ensuite, Yvon Sana Bangui exhorte la BAD à instaurer des mécanismes de garantie de change. Ce dispositif permettrait aux investisseurs institutionnels (assureurs, fonds de pension) d’injecter des capitaux dans des projets régionaux sans crainte de volatilité monétaire. L’urgence est à l’interopérabilité totale entre les systèmes de la BEAC et le Système Panafricain de Paiement et de Règlement (PAPSS). Cette digitalisation doit permettre des échanges commerciaux instantanés en monnaies locales, par exemple entre le Tchad et l’Égypte, sans passer par des devises tierces.
Vers une modernisation réglementaire
Le successeur d’Abbas Mahamat Tolli a martelé que « le temps des diagnostics est derrière nous ». Pour accompagner cette transformation, la BEAC s’engage dans une refonte de ses cadres réglementaires. Cette modernisation facilitera notamment la titrisation des actifs, incitant les banques commerciales à délaisser le court terme pour financer l’économie réelle sur la durée. Par cet engagement, la zone CEMAC se positionne comme l’un des moteurs de la future indépendance financière de l’Afrique.



