Souveraineté économique : Le Gabon arrête l’importation du clinker dès 2027
- Le corporate
- 12 septembre 2025
- Editorial
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Après avoir ciblé le manganèse et le poulet de chair dans sa stratégie de souveraineté économique, le Gabon franchit une nouvelle étape : l’interdiction, à compter du 1er janvier 2027, de l’importation du clinker, matière première essentielle à la fabrication du ciment. L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres du 9 septembre.
»Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a rappelé que le clinker « pèse lourdement sur la balance commerciale depuis l’arrêt de sa production locale en 2014 ». Cette dépendance aux importations, principalement en provenance d’Asie et d’Europe, renchérit le coût du ciment et fragilise la compétitivité des grands chantiers nationaux.
Des réserves abondantes et inexploitées
Le Gabon dispose de gisements importants de calcaire et d’argile, matières premières nécessaires à la fabrication du clinker. Selon des estimations du ministère des Mines, les réserves exploitables dépasseraient 150 millions de tonnes, réparties dans plusieurs provinces. Ces ressources permettraient d’assurer plusieurs décennies de production nationale, couvrant largement la demande intérieure et ouvrant même la voie à l’exportation vers la sous-région.
La dernière unité de production de clinker au Gabon, exploitée par Ciments du Gabon, a cessé ses activités en 2014. Les raisons invoquées à l’époque allaient de la vétusté des installations industrielles,
aux coûts élevés de maintenance et d’énergie, en passant par la concurrence accrue des importations à bas prix, et l’absence d’investissements pour moderniser la filière. Cette interruption a entraîné une dépendance totale aux importations, estimées à près de 500 mille tonnes par an, selon les statistiques douanières de 2024.
La reprise de la production nationale de clinker, annoncée pour intervenir dans un délai d’un an, s’inscrit dans la stratégie de souveraineté économique prônée par le gouvernement. Selon certaines projections, la relance de la filière pourrait générer un millier d’emplois directs et plusieurs milliers d’autres emplois indirects sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Un signal fort pour l’industrie gabonaise
Cette décision s’ajoute à d’autres mesures récentes visant à substituer les importations par la production locale, dans des secteurs jugés stratégiques. Elle traduit la volonté du Gabon de bâtir une économie plus résiliente, moins dépendante des fluctuations internationales, et capable de transformer ses ressources naturelles sur place.



