RDC : Goldman Sachs alerte sur un risque de baisse de la production de cuivre en 2026

Alors que les cours du cuivre restent orientés à la hausse, la République Démocratique du Congo (RDC), premier producteur africain, fait face à des risques majeurs d’approvisionnement en intrants chimiques. En cause : les tensions dans le détroit d’Ormuz et la politique d’exportation de la Chine.

Selon une note de Goldman Sachs publiée mardi, la banque d’affaires maintient ses prévisions de prix pour le métal rouge à une moyenne de 12 650 dollars la tonne métrique cette année. Pour 2026, elle anticipe un excédent mondial de 490 000 tonnes. Cependant, ce scénario optimiste est assombri par une menace critique pour les mines congolaises : la pénurie d’acide sulfurique.

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

Le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a conduit au blocage du détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial. Ce blocage perturbe l’acheminement du soufre et de l’acide sulfurique, essentiels au processus d’extraction par solvants et d’électrolyse (SX-EW), qui représente 17 % de l’offre mondiale de cuivre.

Le président Donald Trump a durci le ton mardi, affirmant que l’armée américaine est « prête à agir » si les négociations de cessez-le-feu échouent. Cette instabilité, couplée à la décision de la Chine d’interdire les exportations d’acide sulfurique dès le 1er mai, crée un goulot d’étranglement pour la production de cuivre.

Si les entreprises minières en RDC disposent actuellement de deux à trois mois de stocks, la situation pourrait devenir critique dès le mois de juin. Goldman Sachs estime que si les perturbations logistiques persistent, la RDC pourrait être contrainte de réduire sa production d’environ 125 000 tonnes en 2026.

Bien que cette baisse de production puisse être compensée par un ralentissement de la demande mondiale, elle représenterait un manque à gagner significatif pour l’économie congolaise. Parallèlement, le Chili subit une pression similaire, avec 200 000 tonnes de production menacées par les restrictions chinoises. Le marché du cuivre entre ainsi dans une zone de haute turbulence où la géopolitique dicte désormais la cadence industrielle.