RDC

RDC : Accord de principe avec le FMI dans un contexte de résilience et de défis sécuritaires

Malgré un environnement géopolitique et sécuritaire complexe, la République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape décisive dans ses relations avec les institutions financières internationales.

Au terme d’une mission de deux semaines, achevée à Kinshasa le 6 mai 2026, les services du Fonds monétaire international (FMI), dirigés par Calixte Ahokpossi, sont parvenus à un accord préliminaire avec les autorités congolaises. Cet accord porte sur la troisième revue de la Facilité Élargie de Crédit (FEC) et la deuxième revue de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD),ouvrant la voie à un examen par le Conseil d’administration du Fonds en juin2026.

Une économie qui résiste aux chocs

L’économie congolaise fait preuve d’une vigueur remarquable. Avec une croissance du PIB réel projetée au-delà de 5,5 % pour 2025 et 2026, la RDC tire profit du dynamisme des secteurs du BTP, de l’agriculture et des services. Cette performance compense le léger ralentissement du secteur extractif. Sur le plan monétaire, la stabilité est de mise : l’inflation est restée contenue sous la barre des 2,5 % depuis fin 2025, bien que les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les prix du carburant fassent peser un risque de remontée des prix. Les réserves de change, quant à elles, se consolident pour atteindre 8,8 milliards USD à la fin mars 2026, signe d’un renforcement de la stabilité extérieure malgré la volatilité des cours du pétrole.

Le poids du conflit à l’Est et l’enjeu budgétaire

Toutefois, ce tableau positif est assombri par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. L’occupation de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23 en décembre 2025 a imposé des pressions budgétaires imprévues. Le déficit budgétaire pour 2025 a ainsi dépassé les prévisions initiales de 0,6point de pourcentage du PIB. Pour rectifier le tir, le gouvernement prépare une loi de finances rectificative pour 2026. Celle-ci visera à accroître les recettes intérieures et à rationaliser les dépenses non prioritaires, tout en intégrant les investissements financés par l’Eurobond inaugural de la RDC.

Le FMI a salué le succès de l’émission de l’Eurobond, y voyant une alternative viable aux financements intérieurs coûteux. Cependant, Calixte Ahokpossi a insisté sur une utilisation « transparente et efficace » de ces fonds. Le Fonds encourage la poursuite des réformes de modernisation, notamment l’opérationnalisation de la Direction générale du Trésor (DGTCP) et la réduction du recours aux procédures d’urgence.

En parallèle, des efforts accrus sont attendus pour assainir l’environnement des affaires et lutter contre la corruption, en s’appuyant sur le nouveau tribunal pénal économique et financier. Enfin, sur le volet climatique (FRD), si l’adoption d’une méthodologie d’évaluation d’impact climatique est une victoire, le retard pris dans la révision du code forestier reste un point de vigilance pour les prochaines revues. En somme, la RDC maintient son cap de croissance, mais la pérennité de ces acquis dépendra de sa capacité à transformer ses réformes.