Numérique : la Guinée Equatoriale s’associe au Nigéria pour devenir le hub technologique de l’Afrique centrale

À travers un accord stratégique signé avec la société nigériane BCN, la Guinée équatoriale ambitionne de devenir le futur hub technologique de l’Afrique centrale.

L’Afrique franchit un nouveau palier vers sa souveraineté numérique. Sous l’égide du Vice-Premier ministre équatoguinéen, Gaudencio Mohaba Messu, un accord de partenariat majeur a été ratifié entre le gouvernement de la Guinée équatoriale et la société nigériane Backbone Connectivity Network (BCN). Ce pacte ne se limite pas à une simple coopération commerciale ; il dessine les contours d’une transformation structurelle visant à propulser la région dans la quatrième révolution industrielle.

Le cœur de cet accord repose sur deux projets d’envergure :l’installation d’un nouveau câble sous-marin à fibre optique et la construction d’un centre de données commercial de dernière génération. Ces infrastructures critiques visent à garantir une connectivité haut débit stable et à sécuriser le stockage des données nationales.

Pour Honorato Evita Oma, ministre des Transports et desTélécommunications, cette alliance reflète la vision panafricaine des présidents Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et Bola Ahmed Tinubu. En s’appuyant sur l’expertise de BCN, leader nigérian de l’infrastructure numérique, la Guinée équatoriale entend transformer sa proximité géographique avec le géant nigérian en un levier de croissance technologique pour toute la zone CEMAC.

Au-delà du matériel, l’accord mise sur l’immatériel. Le projet prévoit la création d’un écosystème axé sur l’innovation, où l’intelligence artificielle (IA) jouera un rôle moteur. L’objectif est double :moderniser les secteurs clés de l’économie et générer des emplois spécialisés pour la jeunesse africaine. Gaudencio Mohaba Messu a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse :« Nous devons garantir une économie numérique inclusive et durable, capable d’améliorer concrètement la qualité de vie de nos citoyens. » 

Conscient que la technologie exige de la confiance, Malabo inscrit cette mutation dans le cadre de la Convention de Malabo sur la cybersécurité. En offrant un environnement numérique sûr, le gouvernement espère attirer des capitaux internationaux et rassurer les partenaires sur la protection des données. Cette cérémonie, qui a réuni les chefs de la diplomatie des deux pays, marque le début d’une ère où la technologie devient le principal vecteur d’intégration entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale.