Mines : Le Gabon et l’Afrique du Sud scellent une alliance stratégique dans les géosciences
- Le corporate
- 18 février 2026
- Editorial
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En marge de la conférence Mining Indaba 2026 à Cape Town, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a conclu un accord de collaboration scientifique et technique avec le Council for Geoscience (CGS) d’Afrique du Sud. Ce partenariat vise à moderniser la connaissance du sous-sol gabonais pour attirer de nouveaux investissements internationaux.
La signature de cet accord intervient dans un contexte de diversification économique accélérée pour Libreville. Bien que le pays figure parmi les principaux producteurs mondiaux de manganèse et possède un historique pétrolier solide, une grande partie de son potentiel minéral demeure sous-explorée. L’expertise sud-africaine doit permettre de combler ce déficit de données géophysiques et géochimiques.
Le cœur de cette coopération repose sur une actualisation exhaustive de la cartographie géologique nationale. Les experts du CGS travailleront avec les équipes techniques gabonaises pour numériser les archives existantes et mener de nouvelles campagnes de levés sur le terrain. Cette mise à jour des bases de données constitue un préalable indispensable pour identifier des gisements de fer, d’or et de minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale.
Au-delà de l’aspect technique, l’accord intègre un volet important dédié au renforcement des capacités institutionnelles. Des programmes d’échanges et de formations certifiantes sont prévus pour les cadres de l’administration minière gabonaise. Cette montée en compétences vise à garantir une gestion souveraine et transparente des ressources naturelles, tout en adoptant des standards environnementaux et technologiques de pointe.
La dimension diplomatique de cette alliance souligne la volonté du Gabon de privilégier les partenariats Sud-Sud au sein du continent africain. En s’appuyant sur l’une des institutions de recherche géoscientifique les plus performantes d’Afrique, Libreville entend réduire sa dépendance aux cabinets d’expertise occidentaux et favoriser une intégration économique régionale accrue dans le secteur industriel.
L’optimisation de la connaissance géologique doit, à terme, raccourcir les délais entre l’exploration et l’exploitation des gisements. Pour les autorités gabonaises, la clarté des données est le premier levier de compétitivité pour convaincre les investisseurs miniers de s’engager sur le long terme. Cette stratégie s’inscrit dans la feuille de route 2026 du gouvernement, dont l’ambition est d’augmenter significativement la contribution du secteur minier au produit intérieur brut national.



