Mines : Le Gabon à l’assaut de New Delhi pour accélérer sa révolution industrielle

Alors que le Gabon a fixé l’horizon 2029 pour mettre fin à l’exportation du manganèse brut, le Ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, se rend à New Delhi les 16 et 17 avril prochains. Un voyage stratégique au cœur de la sidérurgie mondiale pour transformer une ressource de sous-sol en levier industriel souverain.

L’invitation a été remise en mains propres par l’Ambassadeur de l’Inde au Gabon : le Ministre des Mines est attendu à une conférence internationale sur l’industrie lourde et l’acier. Si le Gabon est courtisé par l’Inde, deuxième producteur mondial d’acier, c’est parce que le pays détient l’une des clés de cette industrie : le manganèse. Mais à Libreville, les règles du jeu sont en train de changer.

Le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a été clair : le Gabon ne veut plus être un simple réservoir de matières premières. L’annonce de l’interdiction d’exportation de manganèse brut d’ici 2029 impose un virage industriel sans précédent. Pour le Gabon, l’enjeu à New Delhi est de trouver les partenaires capables d’accompagner cette transition.

Le défi est technologique. Pour respecter l’échéance de 2029, le Gabon doit multiplier ses usines de transformation locale (complexes métallurgiques). L’enjeu est de transformer le minerai en ferro-manganèse sur le sol gabonais. Cela permet de multiplier par cinq, voire par dix, la valeur du produit exporté.

En outre, l’interdiction du brut est une promesse sociale. En transformant sur place, le Gabon crée des emplois qualifiés pour sa jeunesse. À New Delhi, la délégation gabonaise devra négocier non seulement des investissements financiers, mais aussi des programmes de transfert de technologies et de formation pour que les Gabonais pilotent eux-mêmes leurs futures usines sidérurgiques. En vendant des produits transformés plutôt que du minerai brut, le Gabon devient moins vulnérable aux variations brutales des cours mondiaux. C’est une stratégie de sécurisation des recettes budgétaires sur le long terme.

L’intérêt indien pour le potentiel minier gabonais est une opportunité, mais aussi un test de souveraineté. Le Ministre Nguema Nguema devra convaincre les capitaines d’industrie indiens que le Gabon n’est plus seulement une mine à ciel ouvert, mais une future plaque tournante de la métallurgie en Afrique centrale.