Manganèse

Manganèse : Le Gabon cible 10 % du PIB d’ici 2030 grâce à la transformation locale

En marge de la 13e édition de l’Africa CEO Forum tenue les 14 et 15 mai 2026 à Kigali, l’Agence nationale de promotion des Investissements du Gabon a dévoilé une feuille de route minière ambitieuse.

Le pays, qui détient les 6e réserves mondiales de manganèse estimées à 250 millions de tonnes, veut faire passer la contribution de ce minerai au PIB de 6 % à plus de 10 % d’ici 2030. Pour y parvenir, Libreville mise sur un virage stratégique : l’interdiction d’exporter le manganèse brut dès janvier 2029 afin de maximiser la valeur ajoutée locale.

Jusqu’ici simple fournisseur de ressources, le deuxième producteur mondial de manganèse accélère sa mue sous l’impulsion des autorités . Lors du Sommet Africa Forward, le président Brice Clotaire Oligui Nguema et Christel Bories, PDG du groupe minier français Eramet, ont acté les principes de l’entrée de l’État gabonais au capital de la maison mère, cotée à Paris. Pour rappel, Eramet extrait à lui seul 15 % de la production mondiale de manganèse depuis la mine de Moanda au Gabon.

La mécanique de ce rapprochement s’appuie sur une opération financière majeure annoncée par Eramet le 18 février 2026. Le groupe prévoit une augmentation de capital de 500 millions d’euros au second semestre 2026. C’est dans ce cadre que le Gabon négocie son entrée au tour de table, une première historique vis-à-vis de la maison mère où la famille Duval (37 %) et l’État français (27 %) sont actuellement majoritaires. Si le niveau exact de cette participation minoritaire reste à valider lors de l’assemblée générale de mai 2026, la Présidence gabonaise évoque déjà un accord assorti de « délais précis » et d’« engagements fermes ».

Cette offensive sur le manganèse préfigure une diversification plus large du secteur extractif gabonais. Le pays dispose en effet d’un potentiel immense, incluant un milliard de tonnes de réserves de fer, 40 tonnes de réserves d’or sécurisées, ainsi que des gisements de diamants et d’uranium répartis sur 900 sites miniers potentiels. En combinant prise de participation stratégique et industrialisation locale, le Gabon entend redéfinir la gouvernance de ses ressources naturelles pour en faire le véritable moteur de son émergence économique.