Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA

Le Gabon mise sur la scission de la SEEG pour attirer les capitaux du secteur de l’eau

Le Gabon présente au Forum africain de l’eau une réforme structurelle de son secteur hydrique, quelques semaines après la décision de scinder la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) en deux entités distinctes. Devant ses homologues réunis autour du thème « De la vision à l’action », le président Brice Clotaire Oligui Nguema a présenté un Code de l’eau, un Pacte national hydrique et un portefeuille de projets prioritaires comme les instruments d’un changement de modèle économique pour le secteur.

Le 25 juin, le Conseil des ministres a adopté deux projets de loi créant « La Gabonaise des Eaux » et « Électricité du Gabon », deux sociétés d’économie mixte héritant respectivement de la production, du transport, du stockage, de la distribution et de la commercialisation de l’eau potable, et du développement des infrastructures électriques. L’objectif affiché consiste à isoler les comptes de chaque activité, à clarifier les besoins de financement et à ouvrir la voie à des partenariats sectoriels ciblés.

Cette réforme intervient dans un contexte de crise. Le Gabon a décrété, le 2 juillet, un état d’urgence hydrique dans le Grand Libreville, assorti d’un plafonnement des tarifs de l’eau distribuée par camions-citernes et de la saisie de 55 véhicules opérant hors du cadre réglementaire. Un contrat de 200 millions d’euros, soit environ 131 milliards de francs CFA, lie par ailleurs la SEEG au groupe français Suez depuis avril, pour réduire les pertes sur le réseau et améliorer le rendement de l’exploitation.

À N’Djamena, le chef de l’État gabonais a assumé ce contexte devant ses pairs : « Garantir un accès universel à l’eau potable n’est pas seulement une priorité stratégique, c’est un impératif vital pour le développement, la santé et la dignité de nos populations. » Il a ajouté que « disposer de ressources hydriques ne suffit pas sans une gouvernance solide, des infrastructures fiables et un financement adéquat. »

Le Président a positionné la démarche gabonaise dans une logique de partenariat plutôt que de vitrine : « Le Gabon vient à N’Djamena non pour exposer une richesse, mais pour proposer un partenariat. Nous avons la ressource, nous avons désormais la réforme du secteur, nous avons le portefeuille de projets. Pour aller plus vite, il nous man

que la force du collectif que ce Forum incarne. »

La trajectoire suit un schéma déjà appliqué dans d’autres pays africains, où la séparation entre gestion de l’eau et gestion de l’électricité a précédé une hausse des investissements dans les deux secteurs.