Jeux de hasard : Les opérateurs sommés d’intégrer ITEC-SAS avant octobre
- Le corporate
- 23 septembre 2025
- Editorial
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Ce vendredi 19 septembre, le ministre gabonais de l’Intérieur, Hermann Immongault, également président du Conseil supérieur des jeux de hasard (CSJH), a lancé un ultimatum aux opérateurs économiques du secteur : intégrer la plateforme étatique ITEC-SAS avant le 1er octobre 2025, sous peine de fermeture administrative.
Cette injonction s’inscrit dans la mise en œuvre des résolutions du Conseil des ministres du 12 août dernier, qui avait acté une réforme profonde du secteur, longtemps considéré comme un angle mort de l’économie nationale.
À l’origine de cette mesure, un constat alarmant dressé par le ministère de l’Intérieur : prolifération d’opérateurs illégaux, absence de licences, non-respect des textes en vigueur, flux financiers opaques, moyens de paiement non conformes à la réglementation CEMAC, et surtout, manque de garanties pour les parieurs. Autant de dérives, qui, selon les autorités gabonaises, exposaient les consommateurs à des risques accrus d’addiction et de fraude. Mais surtout, privaient le Trésor public de recettes fiscales conséquentes.
Pour y remédier, le gouvernement a confié à la société gabonaise e-Tech SAS, en partenariat avec l’opérateur canadien Esteem Média INC, la création d’une plateforme centralisée : ITEC-SAS. Celle-ci devient le point de passage obligatoire pour toutes les opérations liées à toutes les catégories de jeux de hasard. L’objectif étant d’assurer la traçabilité des flux financiers et garantir le paiement des gains aux parieurs, tout en mettant fin à l’anarchie qui caractérisait le marché.
Certains observateurs s’étaient interrogés en ce temps sur l’attribution du marché à e-Tech SAS sans appel d’offres, alimentant des soupçons de collusion, quand bien même les partenariats public-privé (PPP) ne requièrent pas cette exigence. Une grande partie des opérateurs avaient quant à eux dénoncé une mise en conformité précipitée, craignant une perte de compétitivité face à des exigences techniques et fiscales lourdes. D’autres enfin redoutaient une concentration du marché au profit d’un seul agrégateur, au détriment de la diversité des offres. Quoi qu’il en soit, l’heure est désormais à la formalisation ou à la fermeture administrative.
Le secteur des jeux de hasard au Gabon représente un potentiel fiscal estimé à plusieurs milliards de FCFA par an, selon les projections du ministère de l’Économie. Pourtant, en 2024, moins de 15 % des opérateurs étaient enregistrés auprès des services fiscaux, et près de 80 % des flux financiers échappaient à tout contrôle officiel. La mise en place d’ITEC-SAS pourrait donc permettre à l’État de récupérer une part significative de ces recettes, tout en assainissant un secteur à fort enjeu social et économique.



