‎Industrialisation : ce que Libreville veut apprendre d’Addis-Abeba

Le ministre gabonais de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, a reçu en audience, la semaine dernière, l’ambassadeur d’Éthiopie au Gabon, Mekuria Getachew Worku. Cette rencontre a permis d’aborder le renforcement de la coopération bilatérale, avec un accent particulier sur l’énergie et la transformation locale, deux secteurs jugés stratégiques pour la diversification de l’économie gabonaise.

‎L’Éthiopie, qui a récemment inauguré le Grand barrage de la Renaissance (GERD), s’impose aujourd’hui comme un modèle africain en matière de production énergétique. Cet ouvrage monumental, haut de 170 mètres et long de 1 800 mètres, affiche une capacité installée de 5 150 MW — soit 12 à 13 fois la capacité actuelle du Gabon — ce qui en fait le plus grand barrage hydroélectrique du continent.

‎Au-delà de sa prouesse technique, le GERD constitue un levier majeur pour l’industrialisation de l’Éthiopie. Il permet de répondre à une demande intérieure croissante tout en générant des revenus grâce à l’exportation d’électricité vers les pays voisins.

‎Pour le Gabon, engagé dans une politique de transformation locale et de développement de ses pôles industriels, l’expérience éthiopienne représente une source d’inspiration. Libreville cherche à valoriser ses ressources naturelles — bois, manganèse, pétrole, agriculture — en développant des filières de transformation capables de générer de la valeur ajoutée et des emplois qualifiés, a indiqué le membre du gouvernement.

‎L’exemple d’Addis-Abeba, qui a su mettre en place des zones industrielles intégrées et attirer des investisseurs étrangers dans des secteurs comme le textile, l’agroalimentaire ou la chimie, illustre le potentiel d’une telle stratégie.

‎Le Gabon dispose d’un potentiel hydroélectrique important mais encore sous-exploité. En s’inspirant du modèle éthiopien, il pourrait sécuriser son approvisionnement énergétique, soutenir la croissance de ses zones économiques spéciales — Nkok, Ikolo, Mandji — et renforcer sa compétitivité. Autant dire que les deux pays esquissent les contours d’un partenariat Sud-Sud ambitieux.