Importations alimentaires : le Gabon au 27ᵉ rang africain

Avec 904 millions de dollars d’importations alimentaires entre 2021 et 2023, le Gabon se classe au 27ᵉ rang africain, selon le dernier rapport de la CNUCED (The State of Commodity Dependence 2025).

‎Parmi les produits importés en masse figurent le poulet de chair, souvent congelé et en provenance du Brésil ou d’Europe, le riz, denrée de base largement consommée, les huiles végétales, les produits laitiers et les conserves.

‎Cette dépendance structurelle pèse sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations des prix mondiaux, aux crises logistiques et aux tensions géopolitiques. Soucieuses de reprendre le contrôle de cette chaîne alimentaire, les nouvelles autorités gabonaises ont amorcé la mise en place d’une filière avicole locale, avec pour objectif l’arrêt total des importations de poulet de chair dès janvier 2027.

‎À l’échelle sous-régionale, le Cameroun — 15ᵉ au classement africain avec 1,593 milliard de dollars d’importations — devance largement le Gabon.


‎Au plan continental, c’est l’Égypte qui arrive en tête des importateurs africains de produits alimentaires. Le pays des pharaons a importé pour 16,4 milliards USD de denrées, principalement des céréales, des oléagineux, du sucre, de la viande et des produits laitiers. Suivent l’Algérie (9,98 milliards USD), le Maroc (8,7 milliards USD), l’Afrique du Sud (6 milliards USD) et le Nigeria (5,59 milliards USD), toutes ou presque parmi les nations les plus développées du continent. Ce contraste rappelle que l’importation peut relever d’un choix stratégique, et ne constitue pas nécessairement une faiblesse économique.


‎En effet, certains produits, coûteux à produire localement en raison du climat, des infrastructures ou de l’accès aux intrants, peuvent être importés à moindre coût. « L’enjeu n’est pas de tout produire localement, mais de produire mieux, là où c’est pertinent », estime un analyste du secteur.