Gabon : Oligui Nguema marque son accord pour la régularisation du secteur du Tourisme

À la faveur d’un recensement national des opérateurs et d’une digitalisation des services, le pays engage une course contre la montre pour normaliser son offre touristique.

Le secteur du tourisme gabonais s’apprête à vivre une transformation majeure. Lors du Conseil des ministres du 29 janvier 2026, le ministère du Tourisme durable et de l’Artisanat a reçu le feu vert pour une opération nationale de régularisation sans précédent. En effet, longtemps resté dans l’ombre de la rente pétrolière, le tourisme gabonais sort de l’informel.

Cette initiative s’appuie sur la loi n°034/2020 du 22 mars 2021 et marque une étape décisive pour structurer une filière au potentiel immense, mais encore sous-exploitée. Le cœur de cette opération réside dans l’identification et le recensement systématique des opérateurs économiques. L’objectif est ambitieux : constituer un fichier national digitalisé. En cartographiant précisément les hôtels, agences de voyages et sites de loisirs, le gouvernement souhaite mettre fin à l’anarchie administrative.

Cette digitalisation permettrait non seulement de régulariser la situation des entreprises, mais aussi de renforcer la synergie entre l’administration centrale, les collectivités locales et les acteurs privés. C’est le socle indispensable pour un développement touristique harmonieux et, surtout, inclusif pour les populations locales.

Le contraste est saisissant : alors que le Gabon est couvert à 80 % par une forêt tropicale à la biodiversité unique, le tourisme ne pèse qu’environ 4 % du PIB. Pour corriger ce déséquilibre, le gouvernement de la Transition a annoncé un plan d’investissement de 36 millions USD (22 milliards FCFA) d’ici la fin de l’année 2026. L’horizon 2029 ambitionne d’attirer plus de 600 000 visiteurs par an et générer près de 200 000 emplois. Ce pari repose sur une stratégie nationale articulée autour de six piliers fondamentaux, allant de la rénovation du cadre légal à la création d’une « marque destination Gabon » forte sur la scène internationale.

Pour réussir, le Gabon doit relever le défi de la qualité. La stratégie prévoit la création de zones d’intérêt touristique spécifiques et une mise aux normes rigoureuse des infrastructures. En garantissant un financement pérenne et en formant les ressources humaines, le pays espère enfin transformer son « capital vert » en un véritable moteur de croissance durable. Avec ce recensement national, Libreville pose la première pierre d’un édifice qui pourrait bien faire du Gabon le leader africain de l’écotourisme d’ici la fin de la décennie.