Gabon : l’État crée une entreprise publique pour capter une manne fiscale de plusieurs milliards

Entre monopole d’État renforcé et digitalisation des prélèvements fiscaux, cette réforme vise à multiplier par dix la contribution d’un secteur qui ne représentait jusqu’ici que 0,01 % du PIB national.    

Le gouvernement gabonais a franchi une étape décisive dans la reprise en main du secteur des jeux de hasard. Lors du Conseil des ministres du 29 décembre, le projet de loi créant la « Gabonaise des jeux » (GDJ) a été adopté. Objectif :moderniser la régulation et maximiser les recettes fiscales d’un marché en pleine expansion.

La nouvelle entité publique, la GDJ, remplace l’ancienne Commission supérieure des jeux de hasard. Cette réforme abroge un cadre réglementaire datant de 2004,jugé inadapté aux enjeux actuels, notamment en raison de son incapacité à réguler les activités numériques. Sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, la GDJ aura pour mission : la protection des populations face aux risques d’addiction, l’intégrité et la traçabilité des opérations de jeux et la lutte contre l’exploitation illégale et le blanchiment.

 Parallèlement à la création de la GDJ, l’État a signé un accord avec un opérateur canadien pour le déploiement de e-Tech SAS. Cette plateforme numérique permettra d’établir une traçabilité rigoureuse des flux financiers, de sécuriser le paiement des gains et d’optimiser la collecte des taxes. Actuellement, la contribution fiscale directe du secteur est marginale, représentant moins de 0,01 % du PIB.
 Le contraste entre les revenus générés par les opérateurs et les recettes perçues par l’État est saisissant : les recettes de l’État (2024) : environ 185 millions FCFA. Estimée à 3 milliards FCFA (5,3 millions USD) rien que pour les paris sportifs, selon Statista.

Avec une croissance annuelle attendue de 8,3 %, l’État espère une hausse substantielle des prélèvements d’ici 2026. En renforçant son monopole et sa capacité de contrôle, le Gabon entend faire du secteur des jeux un véritable levier de mobilisation de ressources publiques pour financer ses priorités nationales.